Sandry Riffard, le tatoueur star est aussi un passionné d’horlogerie
L’entretien avec l’artiste tatoueur autodidacte Sandry Riffard met en lumière une rencontre fascinante entre l’art du tatouage et l’univers de la haute horlogerie. Bien plus qu’une simple source d’inspiration, la notion du temps occupe une place centrale dans son travail et dans ses passions. L’artiste affirme sa fascination pour les mécanismes complexes ainsi que pour les grandes maisons. Rencontre puis reportage de Frank Sans C dans son atelier Au-delà du réel Tattoo by Sandry, situé au Puy-en-Velay, avec un invité surprenant.
Sandry Riffard, l’un des tatoueurs les plus célèbres du monde pour ses réalisations hyperréalistes, m’a reçu dans son studio de création au Puy-en-Velay. L’un de ses clients, horloger de métier, se fait tatouer un calibre de montre squelette sur le mollet, au cœur d’une rosace gothique. Rencontre avec deux vrais fêlés, deux mecs géniaux, chacun dans leur univers. Il a voulu me faire un tatouage… j’ai dit non ! Il a répondu : « Tu y viendras tout seul… ». Une amitié est née.
Frank Sans C
Que représente pour lui la notion du temps, et comment cela se reflète-t-il dans ses créations ?
Pour Sandry Riffard, le temps est une thématique fondamentale qu’il incorpore dans son travail, pour contrebalancer sa propre peur de la mort, l’artiste utilise fréquemment des motifs comme les crânes, les vitraux et les rosaces de cathédrale. Ce dernier choix est particulièrement significatif : il permet de faire connaître le patrimoine français sous d’autres formes. Sandry souligne que tout le monde ne visite pas ces monuments, mais que l’on peut ainsi porter leur histoire sur soi. Cette approche confère à ses créations une richesse symbolique, mêlant l’éphémère de l’existence humaine (le crâne) à la permanence et à la beauté historique (la rosace). Tatouer est pour lui un acte intuitif, où la concentration passe par un certain « feeling » qui accélère le temps de la session de tatouage.

Quel défi représentait la réalisation du tatouage du mouvement Audemars Piguet ?
La discussion a naturellement glissé vers l’horlogerie, suite à la réalisation récente d’un tatouage audacieux : le mouvement d’une montre Audemars Piguet. Ce projet, réalisé sur le tibia de son ami Alexandre, un ancien horloger, représente la première complication horlogère tatouée par Sandry. Il a révélé que ce travail a nécessité environ vingt heures de travail, réparties sur quatre jours, les deux premiers étant consacrés uniquement aux lignes et aux zones noires.

Ce tatouage a été un véritable défi. D’une part, Sandry l’a jugé trop petit, pensant qu’il serait plus facile à tatouer s’il avait été plus grand (forcément). D’autre part, l’emplacement sur le tibia s’est avéré particulièrement difficile en raison de la finesse de la peau et de la proximité de l’os. L’artiste a lui-même choisi cet endroit, regrettant a posteriori de ne pas avoir opté pour le dos. Interrogé sur ses futurs projets, il n’a pas écarté l’idée de tatouer d’autres complications, une masse oscillante ou un autre mouvement apparent.

Sa marque horlogère de rêve ?
Si Sandry Riffard s’est lancé dans ce tatouage horloger, c’est que les montres sont une véritable passion. Il a clairement indiqué qu’Audemars Piguet est l’une de ses maisons préférées, celle qui le fait rêver. Son modèle idéal est le Double Balancier en céramique noire squelette, un choix précis qui témoigne sans conteste d’une connaissance et d’un goût aiguisé pour l’horlogerie contemporaine. Il a exprimé une préférence générale pour les montres aux designs moins classiques. Il admire également les créations plus modernes, citant Ulysse Nardin parmi les marques aux montres « intouchables » qu’il apprécie.

Sa collection personnelle ?
Malgré son amour pour les belles maisons inaccessibles pour le commun des mortels, Sandry possède une collection personnelle fournie et variée. Il est particulièrement fidèle à Tissot, une marque qu’il aime pour son accessibilité et ses designs stylés. Sa collection Tissot est bien étoffée, comprenant plusieurs modèles PRX avec différents cadrans, la dernière PRX Damas et une version en carbone. Il a même un vif désir d’obtenir la dernière édition de la Tissot Goldorak, qu’il considère plus réussie que la première. Outre Tissot, sa collection comprend aussi des montres Hamilton, dont une édition limitée double-face et des références Casio.

Consulter la fiche technique de la Tissot PRX Powermatic 80 Damas.
Futur proche
Ce travail-passion n’est pas sans conséquences : son planning est intense avec une succession de clients allemands, anglais, suisses-allemands et américains. Sa motivation est claire : « Je dois travailler si je veux pouvoir m’acheter des montres ». Et on le comprend !
La discussion s’est conclue sur des projets futurs, notamment l’espoir d’une visite à l’usine d’Audemars Piguet au Brassus cette année, peut-être en février pour profiter de la neige, et l’intention d’assister à l’événement de la Montre de l’Année à Paris. Alors, on l’invite ?

AU DELA DU REEL TATTOO
25, avenue Maréchal Foch
43000 Le Puy-en-Velay
audeladureeltattoo@gmail.com
VOIR LE TRAVAIL REMARQUABLE DE SANDRY
Instagram – @audeladureeltattoobysandry
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