FRISSON ROBINSON

Et au bout du bout, voici Tikehau

Question évasion, la distance impose son évidence. Cela dit, l’intensité de la destination compte tout autant pour qui rêve d’une pause « loin de tout, à l’abri du Monde », comme on dit. Offrande des dieux de Polynésie, cet atoll marie les deux arguments. Résultat : l’ailleurs en mode majeur.

Par Jean-Pierre Chanial
Le resort vu du ciel.

Le bonheur se mérite. Avant de débarquer sur cette miniature (20 km², moins de 600 habitants) des Tuamotu, l’un des archipels de la Polynésie française, il faut d’abord voler 22 heures entre Paris et Tahiti. Puis ajouter une autre heure plein ciel pour rejoindre Tikehau. Enfin, cumuler les attentes dans les aéroports, l’escale à Los Angeles et le décalage horaire, 12 heures, impossible de faire plus.

Rose comme le sable de Tikehau.

Heureusement, au bout du bout de cette impatience, l’extase fait oublier paupières lourdes et tête en vrac : parfum délicat des hibiscus, couronne fleurie offerte aux nouveaux-venus, ciel immaculé d’un éternel été, paréos joliment noués des vahinés qui marchent comme ailleurs, on danse, accent roucoulant aussitôt à tu et à toi, l’océan qui raconte l’infini et ce lagon d’exception qui joue toute la palette des verts et des bleus en invitant à vite piquer une tête. Oui, on est arrivé. L’Éden annoncé, celui de l’heureuse insouciance des îles du Pacifique, se fait réalité.

Un fare, la plage, les ingrédients du bonheur

Frisson Robinson

Plus tard, on confirmera. On racontera le quotidien sans horaire ni chichi, pieds nus, short et t-shirt, ici, on dit « tricot », la beauté des plages de sable rose, la vidéo de l’île aux oiseaux, sternes, frégates, fous…, l’incroyable plongée dans le lagon (masque et tuba suffisent), au milieu des raies, des carangues, des bonites, des perroquets, des petits requins pointe noire (inoffensifs) et de milliers de poissons multicolores, l’enchantement de la journée passée sur un motu (îlot) désert pour y vivre son frisson Robinson à l’ombre des cocotiers, oui, on avait pris le pique-nique et du champagne, la simplicité de Tuherahera, le village de l’atoll, où on posait la bicyclette devant l’église, l’école ou l’épicerie, avant de papoter de tout, parfois de rien, avec les habitants, autour d’une Hinano glacée, promis, on reviendra demain. Le bonheur n’était pas loin.

Rencontre avec les habitants de Tikehau.

Un Relais & Châteaux

Plus que tout, on n’en finira pas de détailler les charmes de l’hôtel Tikehau by Pearl Resorts, le seul établissement étoilé de l’île. Étonnant paradoxe que cette maison grand chic grand genre, Relais & Châteaux depuis juillet 2025, posée sur le motu Tianoa qui, par essence, n’est justement rien d’autre que nature et simplicité. Confort étoilé servi sur un plateau de corail dont les cocotiers peignent les brises du large en racontant les silences de l’aube, le vol des noddis autant que l’or des crépuscules flamboyants. Magie de la Polynésie. Beaucoup pensent paradis.

Du bleu de la piscine au bleu du Pacifique.

Planque absolue

Modeste unité hôtelière (21 bungalows sur pilotis et 8 maisons de plage, 55 m² de parfaite intimité), le Tikehau Pearl Beach entend respecter la sérénité d’un atoll que beaucoup considèrent comme la planque absolue. Prière de ne pas déranger.

Vue aérienne Tikehau.

D’autant qu’outre ses plages de sable rose, pour le selfie, impossible de trouver plus romantiques, la maison offre les plaisirs d’un restaurant à la gastronomie soignée, le Poreho, oui, la pêche du jour y tient la vedette, d’une piscine à ravir les tenants de la paresse tropicale et d’un Spa où tiare et monoï révèlent les vertus du massage tahitien, tradition millénaire, toute de sensualité, de douceur et d’authenticité.

Chambre avec vue.

Vibre alors le « mana »

Loin de tout, face à l’océan soudain plus grand qu’imaginé, vibre alors le « mana », cet esprit de Polynésie qui inspire un dessein guidé par les lumières, qui transporte sur les ailes du vent, qui rapproche du ciel et de ses divins gardiens. Pointent évidemment des envies de toujours. À Tikehau, on promet forcément de revenir un jour.

La vie sur pilotis.

Pratique

Y aller. Vol Paris-Papeete avec Air Tahiti Nui (www.airtahitinui.com). Compter au minimum 1 600 euros l’AR en classe économique, autour de 9 000 euros en classe affaires (exemple de tarif en mai 2026), puis vol Air Tahiti (www.airtahiti.com) entre Papeete et Tikehau, environ 700 euros l’AR.

Bon à savoir. L’escale à Los Angeles (2 heures) oblige à remplir un formulaire ESTA d’entrée aux États-Unis. Le décalage horaire entre France et Polynésie est de 12 heures. Renseignements auprès de l’office de Tourisme de Tahiti (www.tahititourisme.fr).

Y loger. Hôtel Tikehau by Pearl Resorts, à partir de 650 euros la nuit en chambre double, petits déjeuners compris. (www.letikehau.com).

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