Les merveilles de la Fabrique du Temps Louis Vuitton
Une voiture Louis Vuitton qui donne l'heure... Et oui, « Le voyage est un art », dit-on souvent, et c’est exactement ce que racontent les pièces d’exception signées Louis Vuitton, Daniel Roth et Gérald Genta, qui ont marqué les esprits à Milan. Dévoilées à la LVMH Watch Week, les nouvelles Escale Worldtime, les créations métiers d’art de la Fabrique du Temps, ainsi que les nouveautés Daniel Roth et Gérald Genta illustrent le lien unique entre design, haute horlogerie suisse et héritage créatif. Au programme : des rencontres exclusives avec Matthieu Hegi, Michel Navas et Enrico Barbasini, qui dévoilent les secrets de fabrication et la vision derrière ces garde-temps spectaculaires du rendez-vous milanais.
DANIEL ROTH, Extra Plat Or Rose Squelette
Pour la LVMH Watch Week 2026, Daniel Roth dévoile l’Extra Plat Or Rose Squelette, une nouvelle interprétation ajourée de l’un de ses modèles les plus emblématiques. Fidèle aux proportions et à l’architecture de l’Extra Plat original, cette version révèle intégralement son mouvement, le nouveau calibre DR002SR à remontage manuel, développé exclusivement pour cette pièce.

Ancrée dans le langage esthétique historique de la marque, l’Extra Plat Or Rose Squelette marque néanmoins une évolution notable. Il s’agit de la première complication qui ne se limite pas à une reproduction d’archives depuis la relance de la Maison, le modèle Extra Plat n’ayant jamais été décliné en version « squelettée » pendant que Daniel Roth était aux commandes de la Maison. Dès les débuts de son activité indépendante, Daniel Roth considérait l’Extra Plat comme une complication à part entière, appréciée pour sa finesse extrême et les exigences techniques qu’impose sa réalisation. Son mouvement mince, logé dans un boîtier à double ellipse, a largement contribué à l’identité et à la réputation de la Maison.


Dans les années 1990, quelques références furent produites en version squelettée, en quantité très limitées, comme démonstrations de savoir-faire. Étanche à 30 mètres, l’Extra Plat Or Rose Squelette s’inscrit dans cette continuité. Produite en nombre restreint chaque année, elle conserve le boîtier à double ellipse – 38,6 × 35,5 mm – tout en mettant en valeur un mouvement entièrement visible.

Au centre de la montre se trouve le calibre DR002SR, un mouvement de forme conçu et fabriqué en interne à La Fabrique du Temps Louis Vuitton. Il adopte une platine et des ponts redessinés pour permettre cette dentelle mécanique, sans compromettre la rigidité ni les performances chronométriques. Le mouvement est réalisé en or rose massif 5N 18 carats, assorti au boîtier. Il conserve les caractéristiques techniques du calibre d’origine : balancier à spiral libre, fréquence de 4 Hz et réserve de marche de 65 heures.

Le squelettage met en évidence un travail de finition entièrement manuel, notamment au niveau des angles rentrants, impossibles à réaliser mécaniquement. Biseautage, polissage et finitions sont effectués en interne, selon les standards traditionnels de la Fabrique du Temps Louis Vuitton. Pour parfaire l’ensemble, cette pièce remarquable est servie sur un bracelet en cuir de veau beige.

85 000 CHT (HT)
Consulter les détails techniques de la Daniel Roth Extra Plat Or Rose Squelette.
GERALD GENTA, Geneva Heure Minute Grafite et Marrone
La collection Geneva s’enrichit de deux nouvelles montres qui prolongent l’héritage horloger de Gérald Genta et se déclinent en or rose ou en or blanc. Le boîtier coussin modernisé constitue l’un des éléments centraux de ces modèles.

Inspiré des créations de Gérald Genta des années 1970, il présente des lignes plus fluides et une géométrie atypique, ni totalement ronde ni strictement carrée. Les godrons structurent la silhouette. L’alternance de surfaces polies et satinées met en valeur les volumes et le travail de finition. Chaque boîtier est réalisé en interne à La Fabrique des Boîtiers.

Le cadran adopte une minuterie à deux segments. Le cercle extérieur épouse la forme coussin du boîtier, tandis que le segment intérieur reste circulaire. Cette construction crée un effet visuel à la limite du trompe-l’œil pour certain où l’affichage se concentre sur les fonctions heures et minutes. Imaginées par Matthieu Hegi, directeur artistique de La Fabrique du Temps Louis Vuitton, ces montres présentent un diamètre de 38 mm et un profil affiné. Elles se distinguent par une architecture à corne unique, plus large et plus courte, qui accentue les contours du boîtier et améliore le confort au porter.


La Geneva Heure Minute Marrone se caractérise par un boîtier et des aiguilles en or rose 4N. Son cadran en laiton grainé, traité avec un effet fumé ton sur ton, s’accompagne d’un bracelet en cuir brun. La Geneva Heure Minute Grafite adopte une approche plus froide avec un boîtier en or blanc, un cadran argenté fumé et un bracelet en cuir de veau gris. Les aiguilles et index en or apportent contraste et relief.

Les deux modèles sont animés par le mouvement automatique Zenith Elite GG-005P, visible à travers un fond saphir. Ce calibre, composé de 158 éléments, fonctionne à une fréquence de 4 Hz et offre une réserve de marche de 50 heures. Sa masse oscillante a été redessinée en interne, et l’ensemble bénéficie de finitions soignées.

GG-005P, visible par un fond ouvert.
25 000 CHF (HT)
Consulter les détails techniques des nouvelles Geneva Heure Minute.
LOUIS VUITTON
Escale Worldtime et Escale Worldtime Tourbillon
Lancée en 2014, l’Escale Worldtime n’a jamais été pensée comme une simple montre à heures universelles. Dès l’origine, elle posait les bases d’une lecture simultanée des 24 fuseaux horaires articulée autour d’une architecture de cadran complexe, combinant disque des villes, anneau des heures et centre décoratif. Aujourd’hui, cette construction fait son grand retour à travers deux références en platine, dont la refonte mécanique marque une étape clé dans l’évolution de la collection.

Le cadran de l’Escale Worldtime est orné de 24 drapeaux représentant de grandes villes à travers le monde, chacun peint à la main.
La première Escale Worldtime conserve la disposition circulaire qui a fait son identité. Le disque périphérique des heures universelles est décoré en peinture miniature, l’une des spécialités de la manufacture. 24 drapeaux représentent 24 grandes villes mondiales. Composés de 35 couleurs différentes, ils arborent des motifs rappelant ceux issus de l’histoire de la Maison : toile Damier, malletage, doublure matelassée en losanges, Fleurs de Monogram, « V » de Gaston-Louis Vuitton. Tandis que le centre du cadran adopte une surface bleue grainée, inspirée de la toile Monogram historique. Ce traitement, volontairement épuré, vise à dégager les informations horaires et à renforcer la lisibilité du système worldtime. Chaque cadran est exécuté par un seul artisan, par superpositions successives de pigments appliqués à la main… avec un pinceau à un poil !

Sous cet affichage se cache la principale nouveauté : le calibre LFT VO 12.01. Entièrement développé par La Fabrique du Temps Louis Vuitton, ce mouvement automatique a été conçu spécifiquement pour la complication worldtime. Il permet l’ajustement de la ville de référence et de l’heure par la couronne, tout en assurant une lecture immédiate des 24 fuseaux grâce à un disque d’heures sautantes.

La seconde référence, l’Escale Worldtime Tourbillon, repose sur la même construction générale, mais y intègre un tourbillon volant positionné au centre du cadran. Animée par le calibre LFT VO 05.01, cette version a nécessité une reconfiguration complète du mouvement afin d’intégrer simultanément le disque rotatif des villes et la cage de tourbillon dans un espace central unique. La cage, dessinée en forme de Fleur de Monogram, effectue une rotation en soixante secondes et laisse volontairement visibles des éléments structurels habituellement dissimulés.

Sur ce modèle, le décor périphérique franchit un seuil technique supplémentaire. Les drapeaux des fuseaux horaires sont réalisés en émail grand feu. Chaque couleur est appliquée manuellement selon une succession de couches et de cuissons – plus de quarante au total – à des températures comprises entre 730 °C et 840 °C. Les teintes les plus instables sont posées en fin de processus afin d’éviter toute dégradation. L’ensemble est ensuite poli pour obtenir une surface uniforme et réfléchissante. La réalisation d’un seul cadran requiert environ 80 heures de travail.

Les deux montres sont logées dans un boîtier de 40 mm de diamètre en platine, matériau dense et exigeant, rarement utilisé pour des pièces de cette complexité. Un saphir couleur safran, serti sur le fond, en signe discrètement la présence. Transparent, il dévoile les mouvements et leurs masses oscillantes en or rose 18 carats, aux finitions remarquables.
Consulter la fiche technique de la montre Escale Worldtime – 95 000 euros
Consulter la fiche technique de la montre Escale Worldtime Tourbillon – 250 000 euros
Escale Twin Zone en or rose et Escale Twin Zone en platine
Depuis l’invention des premières montres de voyage, l’horlogerie n’a cessé d’affiner sa réponse à un problème universel : lire l’heure avec précision lorsqu’on traverse le monde. Deux grandes familles se sont imposées au fil du temps : les montres à heures universelles, capables d’afficher simultanément les 24 fuseaux horaires, et les modèles à double fuseau, plus sobres, dédiés à la lecture de deux temps distincts. Mais toutes partagent une limite majeure : leur incapacité à gérer les décalages atypiques de 30 ou 45 minutes propres à certaines régions du globe. Avec l’Escale Twin Zone, Louis Vuitton introduit une solution inédite qui redéfinit la complication de voyage.

Au cœur de cette innovation, une architecture horlogère unique. Là où une montre GMT classique se contente d’une aiguille des heures supplémentaire, l’Escale Twin Zone adopte deux paires d’aiguilles coaxiales. Les aiguilles pleines indiquent l’heure locale, tandis que les aiguilles squelettées affichent l’heure de référence. Surtout, la montre intègre une aiguille des minutes réglable indépendamment, permettant un ajustement à la minute près, y compris pour les fuseaux horaires non conventionnels. Une avancée technique rare, qui élargit considérablement le champ d’utilisation de la complication.

En situation statique, les aiguilles squelettées peuvent être dissimulées, offrant la lisibilité d’une montre trois aiguilles classique. Elles sont alors escamotables. Seul l’indicateur jour/nuit, discrètement intégré au sommet du globe gravé du cadran, rappelle la présence d’un second fuseau. En voyage, le réglage se fait exclusivement par la couronne, en deux positions, préservant la pureté des lignes du boîtier Escale. L’heure locale se règle par saut d’une heure, tandis que la minute additionnelle peut être ajustée indépendamment pour une synchronisation absolue.

Cette sophistication repose sur le calibre manufacture LFT VO 15.01, développé à La Fabrique du Temps Louis Vuitton. Conçu pour coordonner quatre aiguilles montées sur un même axe, ce mouvement relève un défi mécanique majeur, notamment par sa capacité à gérer des décalages au quart et à la demi-heure sans complexifier l’usage. Une prouesse technique pensée pour une ergonomie intuitive. Déclinée en or rose, la Twin Zone de 40 mm exprime cet esprit de voyage à travers un cadran globe gravé de méridiens et de parallèles, sublimé par une finition satinée soleillée. Le rehaut ponctué de clous dorés évoque l’univers des malles historiques de la Maison.

d’un ciel étoilé avec son cadran en aventurine, qui évoque des constellations en mouvement.
En parallèle, une interprétation de haute joaillerie en platine de 41 mm pousse l’exercice plus loin encore. Cadran en aventurine, plus de 300 diamants taille baguette, sertissage invisible et signature en saphir safran au fond de boîte : cette version conjugue rigueur horlogère et virtuosité joaillière.

Consulter la fiche technique de la montre Escale Twin Zone en platine – 230 000 euros.
Consulter la fiche technique de la montre Escale Twin Zone en or rose – 58 000 euros
Escale Répétition Minutes
Clou du spectacle, le cadran concentre un travail artisanal d’une intensité remarquable. Entièrement guillochée à la main, sa surface centrale adopte un motif flammé rayonnant, obtenu par des dizaines de passages d’outil sur une guillocheuse traditionnelle.

La montre Escale Répétition Minutes.
La régularité de la gravure, maîtrisée à la pression près, capte la lumière et guide le regard vers l’aiguille rétrograde des minutes. Jusqu’à soixante heures sont nécessaires pour façonner ce décor, avant une mise en couleur précise qui confère au cadran sa nuance grise subtile. Le guichet d’heure sautante, biseauté et poli, optimise la lisibilité tout en affirmant une présence forte à six heures. Mais c’est dans la synchronisation des affichages que la montre révèle sa véritable intelligence mécanique. À chaque heure pile, le disque des heures saute instantanément tandis que l’aiguille rétrograde revient à zéro dans un mouvement amorti, maîtrisé par un système de ralentissement interne.


Une chorégraphie précise repose sur le mouvement à remontage manuel développé par La Fabrique du Temps. Associer une répétition minutes à une heure sautante constitue un défi majeur : deux systèmes horaires indépendants doivent dialoguer. La réussite tient à une synchronisation parfaite entre l’affichage visuel et la sonnerie, garantissant que le temps entendu est toujours le temps affiché.

L’attention portée à l’acoustique atteint un niveau quasi musical. Gongs et marteaux, façonnés et polis à la main, sont accordés à l’oreille pour produire un son clair, ample et cristallin. Un régulateur centrifuge silencieux assure une cadence régulière, libérant toute la pureté du carillon. Le mouvement, qui nécessite plus de quatre semaines d’assemblage et de finitions, expose côtes de Genève, anglage poli main et perlage.

Ultime détail : la targette de répétition, habituellement visible sur la carrure, est ici dissimulée dans la corne du boîtier. Un choix esthétique audacieux, qui impose une refonte complète du mécanisme mais qui transforme l’activation de la sonnerie en un geste presque secret.
350 000 euros
Consulter la fiche technique de la montre Escale Répétition Minutes.
Escale Œil-de-tigre
Limitée à 30 exemplaires, cette nouvelle déclinaison marque une étape technique décisive après les modèles Escale en turquoise et malachite. Le boîtier de 40 mm reprend les codes structurels de la collection Escale, directement inspirés de l’univers malletier de la Maison : des cornes évoquant les rivets de malles et une construction segmentée. Mais ici, la carrure franchit un cap inédit. Elle est taillée dans un unique bloc d’œil-de-tigre, une pierre dense et fibreuse, réputée pour sa dureté autant que pour sa fragilité interne. L’anneau minéral, parfaitement homogène, accueille un cadran façonné dans la même matière.

Pour la première fois dans la ligne Escale, Louis Vuitton associe cette pierre ornementale à l’or jaune, utilisé pour les cornes, la lunette, le fond de boîte et la couronne. Ce choix n’est pas qu’esthétique : le métal précieux joue un rôle structurel, protégeant la pierre aux points de tension tout en créant un contraste thermique entre éclat métallique et profondeur minérale.

L’usinage de l’œil-de-tigre constitue le véritable défi technique de cette montre. À La Fabrique des Boîtiers, les ingénieurs ont dû repenser entièrement les protocoles de taille et de polissage. La pierre présente des zones fibreuses extrêmement sensibles aux microfissures ; chaque anneau est donc usiné selon des tolérances microscopiques, puis longuement poli à la main. Le sens des fibres, les inclusions naturelles et la réaction imprévisible du matériau imposent une intervention constante de l’œil et du geste humain, là où la machine atteint ses limites. Cette exigence se prolonge lors de l’assemblage final. Cadran et boîtier sont appariés un à un, en fonction de l’orientation des bandes chatoyantes. Aucune montre ne ressemble à une autre : chacune est unique.

À travers le fond en saphir, le calibre LFT023, certifié chronomètre par l’Observatoire Chronométrique de Genève, est doté d’un micro-rotor en or rose 22 carats à haute inertie. Il délivre une réserve de marche de 50 heures. Les finitions — ponts sablés, chanfreins polis — prolongent le dialogue des textures initié par la pierre et le métal.
55 000 euros
Consulter la fiche technique de l’Escale Œil-de-tigre.
Camionnette Louis Vuitton
La Camionnette Louis Vuitton, silhouette familière des débuts du XXᵉ siècle, renaît aujourd’hui sous la forme d’un objet horloger cinétique. Cette création repose sur une architecture horlogère intégrée, développée spécifiquement pour cet objet.

emblématiques.
Le mouvement mécanique suisse à remontage manuel, conçu et fabriqué par L’Epée 1839, totalise 218 composants et offre une réserve de marche de huit jours — une performance notable pour une pièce tridimensionnelle soumise à des contraintes de volume, de lisibilité et de stabilité accrues. Ici, le balancier ne se dissimule pas : il occupe la place du conducteur, visible au cœur de la cabine, devenant l’organe pulsant de l’ensemble.

La lecture de l’heure s’opère par deux cylindres rotatifs indépendants, dédiés respectivement aux heures et aux minutes. Tampographiés, ils tournent à des vitesses différenciées et sont logés sous le capot, là où l’on attendrait un bloc moteur. Le parallèle automobile est assumé jusqu’au bout : l’échappement du mouvement, centré dans la cabine, est visible à travers les vitrages et le dôme.

Le boîtier de la Camionnette est façonné en aluminium léger et résistant. Les teintes safran et bleu, les jantes ornées de fleurs de Monogram, les pneus estampillés LV et la plaque « LV 1854 » participent à une lecture visuelle immédiate, sans jamais empiéter sur la fonction horlogère.

Un détail clé parachève cette logique fonctionnelle : la malle miniature dissimulée dans le coffre. Loin d’un simple clin d’œil, elle renferme la clé de remontage et de réglage du mouvement. Inspirée des équerres historiques des malles Louis Vuitton, elle assure la transmission d’énergie, rappelant les manivelles des véhicules d’époque.

Déclinée en version précieuse, limitée à quinze exemplaires, la Camionnette franchit un cap supplémentaire. Le métal doré remplace l’aluminium, tandis que la mécanique reste inchangée.

Diamant LV Monogram Star Cut sur le capot, sertissage neige de la calandre, diamants sur les jantes et les phares, saphirs baguette pour les feux arrière : chaque pierre précieuse s’intègre à cette structure géniale.

Le travail de guillochage manuel en motif Damier, alterné de sertissage sur les flancs, exige à lui seul quinze heures de réalisation. Sublime !

Consulter les détails techniques de la Louis Vuitton Camionnette – 68 000 euros
650 000 euros pour le modèle en métal doré – Edition limitée à 15 exemplaires
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