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Ceratanium® développé par IWC, carbone 3D chez Oris, céramique haute technologie signée Rado, or Moonshine™ 18K d’Omega, granit alpin usiné au micron chez Tissot : chaque manufacture transforme la contrainte technique des matériaux en parti pris esthétique. Cinq montres, cinq propositions. De toutes ces matières, c’est laquelle que je préfère ? À vous de le dire…
IWC, Portugieser Chronographe Ceratanium®
La maison horlogère dévoile la Portugieser Chronographe Ceratanium®, une réinterprétation monochrome de son chronographe emblématique lancé en 1998. Limitée à 1 500 exemplaires, cette édition marque un tournant majeur chez IWC grâce à l’exploitation du Ceratanium®, un matériau développé par la manufacture.

Cet alliage spécial en titane, traité à de très hautes températures dans un four à céramique, conjugue la légèreté du titane avec la dureté et la résistance aux rayures comparables à celles de la céramique. Cette combinaison offre ainsi une finition noir métallisé très intense.

Le boîtier de 41 mm de diamètre, étanche jusqu’à 30 mètres, la couronne et les poussoirs sont également usinés en Ceratanium®. Cette cohérence de matière et de nuance se prolonge sur le cadran noir, protégé par un verre saphir bombé traité antireflet, où les appliques et les aiguilles créent une parfaite harmonie visuelle. De plus, les index, les chiffres arabes et l’échelle graduée en quart de seconde se détachent subtilement du cadran pour faciliter la lecture des informations. Le bracelet en caoutchouc noir, orné d’un motif carré, complète le design.

Du côté mécanique, la montre intègre un mouvement chronographe oscillant à 28 800 alternances par heure (4 Hz). Visible à travers un fond en saphir, ce calibre à remontage automatique à cliquets bidirectionnel propose les fonctions minute et seconde, doublées d’une petite seconde avec dispositif d’arrêt. Il est également doté d’environ 46 heures de réserve de marche.
14 800 euros
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OMEGA, Speedmaster Moonwatch Professional
Cette nouvelle Speedmaster Moonwatch joue la carte des contrastes. L’icône « lunaire » se décline dans une édition dite « panda inversé ». En effet, le cadran adopte une architecture à double plaque. La surface principale, noire polie, bénéficie d’une finition vernie et laquée qui renforce la profondeur visuelle. Les sous-compteurs, eux, prennent le contrepied : leur base blanc laqué crée un contraste net, tandis que leurs flancs rhodiés captent subtilement la lumière.

Ce jeu d’oppositions se poursuit dans le traitement des indications. Sur les sous-cadrans, la minuterie s’inscrit en noir ; sur le cadran principal, elle apparaît en blanc. Un détail discret mais efficace qui accentue la lisibilité tout en soulignant le concept de cadran inversé.
Étanche jusqu’à 50 mètres, la montre de 42 mm de diamètre est équipée d’une lunette en céramique noire sur laquelle se détache une échelle tachymétrique en émail blanc. Le célèbre point au-dessus du 90, signature historique de la Speedmaster, est bien présent.

céramique noire munie d’une échelle tachymétrique en émail blanc.
Cette pièce se décline dans une version précieuse en or Moonshine™ 18K, l’alliage d’or jaune exclusif d’Omega. Présenté en 2019, il est composé de 75 % d’or, 14,5 % d’argent, 9 % de cuivre et 1 % de palladium et se distingue par sa nuance unique, légèrement plus pâle que l’or jaune 18K. Il s’illustre aussi par sa forte résistance à la décoloration. Notons également que les aiguilles des heures et des minutes ainsi que les index adoptent la teinte chaude de ce métal. Rehaussés de matière luminescente, ils partagent l’affiche avec l’aiguille centrale du chronographe qui se pare, quant à elle, d’un revêtement PVD couleur or Moonshine™.

Au cœur de cette Speedmaster bat le calibre Omega Co-Axial Master Chronometer 3861. Digne héritier du légendaire calibre 321 qui accompagna les astronautes de la NASA sur la Lune, ce mouvement représente l’évolution contemporaine de la mécanique Moonwatch. Certifié Master Chronometer, il garantit un haut niveau de précision, de performance et de résistance magnétique (jusqu’à 15 000 gauss). Cette nouvelle itération démontre qu’une icône peut encore se réinventer…par simple inversion de perspective.
48 200 euros
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ORIS, ProPilot Desert Edition
Dans l’univers horloger, le carbone n’est plus un simple effet de style. Avec la ProPilot Desert Edition, Oris en fait un véritable argument technique. Inspirée de l’aviation, cette nouvelle déclinaison de la ProPilot Date ne se contente pas d’un « rafraîchissement » esthétique : elle introduit une architecture de boîtier résolument tournée vers les matériaux de haute technologie.

Le cœur du projet se situe dans son boîtier de 41 mm en fibre de carbone, développé grâce à une technique de fabrication inédite. Contrairement aux composites carbone classiques, souvent caractérisés par des motifs aléatoires, ce procédé permet de contrôler précisément le tissage du matériau. La fibre de carbone est imprimée avec un polymère issu de l’aérospatiale : le PEKK. Cette combinaison technologique donne naissance à un composite particulièrement performant. Léger comme un polymère mais capable d’afficher une résistance supérieure à certains métaux, le matériau allie rigidité structurelle, stabilité thermique et résistance chimique élevée. Dans un contexte horloger, ce type de composite permet d’obtenir un boîtier à la fois robuste, ultraléger et durable, parfaitement adapté pour une montre conçue dans l’esprit des instruments de cockpit.

Oris conserve ici les codes fonctionnels de la ligne ProPilot. Une lunette surdimensionnée, une couronne vissée sécurisée et un fond en acier traité PVD gris viennent renforcer la solidité de l’ensemble tout en créant un contraste subtil avec la texture technique du carbone. Le design a été affiné : lignes plus nettes, aiguilles redessinées, chiffres appliqués modernisés. Le cadran présente une surface grainée “sable beige”, inspirée des paysages désertiques. Les aiguilles noires et les index en applique recouverts de Super-LumiNova®, garantissent une lisibilité immédiate, tandis que quelques touches de rouge orangé insufflent une note d’énergie.

À l’intérieur bat un calibre automatique, oscillant à 4 Hz et offrant 41 heures de réserve de marche. Un mouvement éprouvé, doté d’une seconde centrale, d’un guichet de date instantanée et d’un stop-seconde pour un réglage précis. Étanche jusqu’à 100 mètres, cette édition est proposée sur un bracelet hybride textile et caoutchouc doté d’une version revisitée du fermoir “LIFT”, retravaillé pour gagner en finesse et en simplicité d’ajustement
2 850 euros
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RADO, True Round x Les Couleurs® Le Corbusier® Special Edition
Rado invoque l’esprit de Le Corbusier et transforme l’architecture moderniste en horlogerie contemporaine. Résultat : trois nouvelles éditions spéciales de la True Round qui ne se contentent pas de citer le maître suisse — elles traduisent sa vision radicale dans la matière même de la montre.

Avant-gardiste. Captivante. Iconique. Les mêmes mots décrivent l’œuvre de l’architecte et cette série née du partenariat entre Rado et Les Couleurs Suisse®. Pour la marque qui s’autoproclame « Master of Materials », l’équation est évidente : modernisme, expérimentation des matériaux et audace chromatique. Autrement dit, un terrain de jeu idéal.

Premier arrêt à Marseille avec cette édition qui s’inspire de la Cité Radieuse, une immense unité d’habitation achevée en 1952 par Le Corbusier, faite de béton brut et de vie collective. Le cadran fait échos à la façade rugueuse est interprétée par gravure laser sur de la céramique haute technologie. L’effet est subtil, presque tactile. Le boîtier monobloc, la couronne et le bracelet adoptent un ivoire 4320B inédit dans ce matériau.

La couleur naît du frittage effectué à 1 450 °C. Une alchimie industrielle qui exige des années de mise au point. Les aiguilles, elles, injectent une vibration chromatique avec trois bleus outremer tirés de la Polychromie Architecturale : outremer moyen (32021), bleu outremer 31 (32020) et outremer pâle (32023).

Changement d’atmosphère avec le Carpenter Center for the Visual Arts de Harvard. Achevé en 1963, ce bâtiment reste la seule œuvre nord-américaine de Le Corbusier — et un choc esthétique dans le paysage académique de Cambridge.

Rado en retient la puissance brute : cadran gravé évoquant le béton moulé et la céramique gris foncé (32010). Les aiguilles laquées — blanc, orange vif et vert clair — claquent comme des accents graphiques sur cette composition monochrome.

La troisième pièce regarde vers l’Inde et la ville visionnaire de Chandigarh. Inspiré par un détail du Palais de l’Assemblée, le cadran reproduit par gravure laser une abstraction de sa façade monumentale. L’ensemble s’habille d’un noir d’ivoire profond, tandis que les aiguilles orange et vert lumineux rappellent la palette architecturale du maître.

Au dos, 63 bandes colorées reproduisent l’intégralité de la Polychromie Architecturale et entourent le calibre automatique. Visible à travers un fond en saphir, ce mouvement est doté d’un spiral en Nivachron™ et offre 80 heures de réserve de marche.

Le fond des trois modèles présente 63 bandes de couleur imprimées numériquement, représentant l’ensemble du spectre de la Polychromie Architecturale.
2 750 euros
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TISSOT, RockWatch
C’est en 1985 qu’une idée audacieuse bouleverse les codes de l’horlogerie : transformer un fragment de montagne en montre-bracelet. Née de cette vision avant-gardiste, la RockWatch s’impose alors comme une première mondiale, incarnant à elle seule l’ingéniosité et le savoir-faire signés Tissot. Aujourd’hui, cette montre ressurgit en une édition limitée à 999 exemplaires, en hommage à la beauté brute des Alpes.

Cette nouvelle version conserve l’âme minérale qui a fait sa légende, tout en s’affinant dans ses détails. La boîte en granit de 38 mm accueille désormais des aiguilles nickelées qui viennent sublimer la matière brute de la pierre. Le bracelet en cuir noir souple joue habilement sur le contraste, tandis que la glace saphir à traitement antireflet remplace le verre minéral d’origine. Sous le cadran intégré, un mouvement à quartz assure l’affichage des heures et des minutes, enrichi d’un indicateur de fin de vie de pile, le célèbre EOL (« End Of Life »).

La fabrication du boîtier de la Tissot RockWatch débute avec du granit extrait au cœur des Alpes, lors de la rénovation du tunnel de la Jungfrau. Livrée en gros blocs, la pierre est d’abord fraisée pour obtenir des cylindres, puis découpée en sections pour faciliter l’usinage.

Les pièces sont ensuite confiées aux artisans qui avaient déjà travaillé sur la première RockWatch en 1985, perpétuant ainsi un savoir-faire historique, l’histoire est géniale. Le granit est progressivement meulé et façonné jusqu’à atteindre le diamètre final du boîtier, 38 mm, avec une précision de l’ordre du micron. Une cavité centrale est ensuite creusée afin d’accueillir le mouvement.

Un contenant en acier est fixé à l’intérieur pour assurer la stabilité de l’ensemble. Le logo et les inscriptions sont appliqués par tampographie sur la pierre, avant l’assemblage du mouvement, des aiguilles en laiton et d’une glace saphir bombée. Enfin, le fond est gravé et le bracelet est installé pour achever la montre qui restera – en faisant un jeu de mot anodin – gravée dans la pierre !

tampographie, une technique qui utilise un tampon en silicone souple pour transférer délicatement le dessin sur la surface de la pierre.
1 095 euros
Consulter la fiche technique de la Tissot RockWatch.
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