Épisode 3 : TAG Heuer Monaco, tout change mais rien ne change !
« Tout change et rien ne change ! » Voilà le credo qui circule dans les couloirs de la manufacture TAG Heuer, que Frank Sans C a eu la chance de visiter pendant le salon, envoyé par téléportation par l’acteur américain Patrick Dempsey, s’il vous plaît ! Un credo sur toutes les lèvres, notamment sur celles de quatre passionnés qui ont eu à cœur de décrypter la Monaco sous toutes ses coutures et de faire découvrir les cinq nouveautés à notre toqué du tic-tac : Julien Delcambre, Lead Design, surnommé désormais le « King of Design » ; Nicholas Biebuyck, directeur de l’héritage ; Laurent Kervyn, chef de groupe Haute Horlogerie ; sans oublier Carole Forestier-Kasapi, directrice Stratégique Mouvements et Haute Horlogerie, autrement dit la « Queen of Tourbillon ».
TAG Heuer Monaco : une icône née de l’innovation
L’histoire de la TAG Heuer Monaco est marquée par des rencontres décisives et des innovations majeures. En 1969, Jack Heuer, alors à la tête de la marque, croise la route du pilote suisse Jo Siffert, fraîchement vainqueur du Grand Prix de Grande-Bretagne. Cette rencontre donne naissance au premier partenariat entre une marque horlogère et un pilote automobile. Le logo Heuer apparaît alors sur une Lotus et sur la combinaison du pilote, offrant une visibilité inédite à la marque. Derrière cette initiative se cache un objectif stratégique : accompagner le lancement d’un mouvement révolutionnaire, le Chronomatic Calibre 11, premier chronographe automatique de l’histoire. Ce projet ambitieux débute en 1967, lorsque Jack Heuer imagine associer un module chronographe Dubois-Depraz à un calibre automatique Buren à micro-rotor. Face au coût élevé du développement, il s’associe à Willy Breitling. Ensemble, ils mènent en secret le « Projet 99 », qui aboutit deux ans plus tard.

Le Calibre 11 se distingue par son architecture originale, notamment avec une couronne positionnée à gauche du boîtier, tandis que les poussoirs restent à droite. Ce choix audacieux devient un véritable argument marketing, symbolisant une montre qui n’a plus besoin d’être remontée manuellement. Pour accompagner cette innovation, Heuer opte pour un design tout aussi avant-gardiste : un boîtier carré étanche, une première à l’époque, développé par la société Piquerez. Ainsi naît la Monaco, baptisée en hommage au mythique Grand Prix de Formule 1.

Malgré ses qualités techniques et son esthétique unique, la Monaco peine d’abord à convaincre le public. Son design atypique et son positionnement novateur déroutent. Pourtant, la même année, Steve McQueen découvre la montre lors de la préparation du film Le Mans. Soucieux de réalisme, l’acteur choisit de porter une Monaco, en cohérence avec la combinaison Heuer inspirée de Jo Siffert.

Ce choix s’avère décisif : en apparaissant au poignet de l’une des plus grandes stars de son époque, la Monaco accède progressivement au statut d’icône. D’abord incomprise, elle devient finalement l’un des modèles les plus emblématiques de l’horlogerie contemporaine.
L’évolution de la Monaco en quelques pièces présentées par Nicholas Biebuyck, directeur de l’héritage et Julien Delcambre, Lead Design chez TAG Heuer

Retrouver notre émission dédiée à la Monaco
à travers Steve McQueen.
Les nouveautés du Watches and Wonders 2026
Tout change mais rien ne change !
De la réédition à la réinterprétation contemporaine : l’évolution de la TAG Heuer Monaco
Relancée en 1997, la TAG Heuer Monaco marquait le retour d’une icône dans un esprit très fidèle au modèle d’origine. Cette renaissance relevait avant tout de la réédition : réactiver un mythe en conservant ses codes historiques. Près de trente ans plus tard, la Monaco actuelle va bien au-delà d’une simple évolution. Elle incarne une réinterprétation plus profonde, où fidélité patrimoniale et innovation technique avancent ensemble. Là où la Monaco de 1997 ressuscitait une légende, celle d’aujourd’hui la projette dans le futur.
Une architecture repensée, fidèle mais transformée
Si le diamètre reste inchangé à 39 mm, le boîtier a été entièrement redessiné. Inspirée de la référence originelle 1133, la nouvelle architecture conserve les marqueurs identitaires fondamentaux — boîtier carré, couronne à gauche, construction singulière — tout en les modernisant subtilement.

Les évolutions se lisent dans les détails :
- carrure affinée et angles adoucis, offrant un aspect plus sculptural et plus tendu ;
- cornes et ergonomie du boîtier repensées pour améliorer nettement le porté ;
- épaisseur réduite de 14,3 mm à 13,8 mm,
- une bande de carrure désormais biseautée ;
- lunette redessinée, plus franchement carrée et suivant la forme du verre en saphir ;
- poussoirs, typographie et détails de cadran retravaillés, jusqu’aux points de Super-LumiNova, désormais carrés et non plus ronds.

Ces changements peuvent sembler subtils, mais ils traduisent une véritable volonté : conserver tous les codes identitaires chers aux collectionneurs tout en dynamisant le design pour plaire au plus grand nombre. L’introduction du titane grade 5 sur les trois références – associé à une lunette en or rose 18 carats pour un des modèles – ajoute une légèreté et une sophistication inédites dans l’univers Monaco.

Une rupture technique majeure
C’est surtout sur le plan mécanique que la différence avec la pièce originelle est la plus marquante. La Monaco relancée en 1997 reposait sur une base fiable mais relativement classique. La génération actuelle franchit un cap avec le calibre manufacture TH20-11, qui transforme profondément la proposition horlogère.

Ce nouveau mouvement introduit, une architecture bi-compax inspirée du Calibre 11 historique, une roue à colonnes, un remontage optimisé et environ 80 heures de réserve de marche.
L’affichage évolue lui aussi, avec les compteurs repositionnés à 3 et 9 heures et une date inclinée à 6 heures, renforçant à la fois lisibilité et identité visuelle. La Monaco passe ainsi du statut de réédition culte à celui de véritable chronographe de manufacture.

Une modernisation jusque dans le porter
Cette transformation ne se limite pas au boîtier et au mouvement. Le confort et l’usage ont eux aussi été revus : amélioration du bracelet, nouveau système de boucle ardillon, double boucle déployante retravaillée. Des détails qui participent à une approche plus contemporaine de la montre, pensée autant pour le design que pour l’expérience au poignet.

Monaco Chronograph en titane grade 5 et or rose – 13 000 euros
Monaco Chronograph en titane grade 5 / cadran vert : 9 300 euros
Monaco Chronograph en titane grade 5 / cadran bleu : 9 300 euros

Consulter toutes nos fiches techniques des montres de la collection Monaco.
TAG Heuer Monaco Evergraph ou une mécanique flexible
Avec la Monaco Evergraph, TAG Heuer ne se contente pas de revisiter une icône ; la manufacture introduit une nouvelle lecture du chronographe mécanique en faisant converger architecture visible, haute fréquence et innovation fondamentale. Au cœur de cette pièce, le calibre TH80-00 marque une rupture conceptuelle, portée par une technologie encore rare dans l’horlogerie : les composants bistables flexibles.

Les traditionnelles articulations pivotantes cèdent la place à des structures monoblocs qui se déforment avec une précision contrôlée. Plus qu’une évolution technique, cette architecture flexible redéfinit le fonctionnement même du chronographe. En réduisant drastiquement les points de friction, les jeux mécaniques et l’usure inhérente, la manufacture ouvre la voie à une complication plus efficiente, plus durable et plus stable.

De plus, cette révolution mécanique trouve une autre expression spectaculaire dans l’oscillateur TH-Carbonspring, véritable cœur battant du mouvement et dévoilé au dernier Geneva Watch Days. Développé et breveté au sein du TAG Heuer Lab, cet organe réglant à 5 hertz — soit 36 000 alternances par heure — permet une lecture au dixième de seconde, fidèle à l’ADN chronographe de la Maison. Mais sa singularité tient surtout à sa construction : ultraléger, amagnétique et hautement résistant aux chocs. En une phrase : cet oscillateur conjugue les avantages des matériaux avancés à une stabilité chronométrique pensée pour durer.

Rarement une telle innovation aura été aussi directement intégrée à l’esthétique d’une montre. Car la Monaco Evergraph expose sa mécanique. Sous un cadran ajouré, le barillet et le TH-Carbonspring s’offrent au regard, soutenus par deux larges arcs architecturaux qui donnent relief et tension visuelle à l’ensemble. La transparence n’est pas ici un exercice de style, mais un mantra : rendre visible la performance.

Logée dans un boîtier de 40 mm de diamètre en titane grade 5, cette édition se décline en deux itérations : titane grade 5 avec revêtement DLC noir sur bracelet en caoutchouc noir avec motif textile et surpiqûres rouges ; titane grade 5 et bracelet en caoutchouc bleu avec motif textile et surpiqûres grises.

Monaco Evergraph en titane et bracelet en caoutchouc bleu – 25 000 euros
Monaco Evergraph en titane revêtu de DLC noir et bracelet en caoutchouc noir – 25 000 euros


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