Rolex et Audemars Piguet, au programme de l’épisode 1 du Watches and Wonders 2026
Après une belle entrée en matière de Cyrille Vigneron, président de la fondation Watches and Wonders Geneva 2026, Frank Sans C vous ouvre les portes d’un salon hors du commun. Pour ce premier rendez-vous d’une série de sept épisodes : les nouveautés tant attendues chez Rolex pour le centenaire de l'Oyster et une interview exclusive d’Ilaria Resta, CEO d’Audemars Piguet qui dévoile son « House of Wonders » et ses trois montres extraordinaires baptisées les Établisseurs. Invité surprise pour un micro-trottoir : François-Jean Daehn, le président de Montaigne Publications qui nous parle des nouvelles Patek Philippe.
Retour des grandes maisons, nouvelles tendances : l’horlogerie se réinvente à Genève
Dans un contexte international marqué par les tensions au Moyen-Orient, le salon Watches and Wonders 2026 confirme sa solidité et son attractivité. Son président, Cyrille Vigneron, se veut rassurant : l’événement se déroule dans une ambiance positive, porté par un engouement qui ne faiblit pas.

Avec près de 60 000 visiteurs attendus, l’édition affiche complet. Tous les billets ouverts au public ont été écoulés, signe d’un intérêt toujours croissant pour l’horlogerie de prestige. Au total, 65 marques sont réunies au Watches and Wonders 2026, offrant un panorama riche et diversifié du secteur. Parmi les temps forts, le retour remarqué de Audemars Piguet. La maison, qui avait quitté le SIHH il y a plusieurs années, fait son grand retour au salon, marquant ainsi un tournant symbolique et stratégique pour l’événement. Au-delà des grandes annonces, cette édition met en lumière de nouvelles orientations esthétiques. Les montres aux diamètres plus réduits gagnent du terrain, reflétant une évolution des goûts vers davantage de sobriété et d’élégance. Parallèlement, les codes traditionnels liés au genre s’effacent progressivement : aujourd’hui, chacun porte la montre qui lui correspond, indépendamment des classifications habituelles. Le champ des possibles s’élargit, traduisant une industrie en pleine mutation, attentive aux attentes contemporaines. Entre succès commercial, retour de grandes maisons et évolution des tendances, le salon Watches and Wonders confirme encore une fois son rôle central dans le paysage horloger mondial.
Watches and Wonders 2026 en chiffres :
65 marques
Environ 60 000 visiteurs uniques
6 000 détaillants
1 750 journalistes internationaux
25 000 billets vendus sur les trois journées grand public
À l’honneur dans ce premier épisode : les nouveautés Rolex qui célèbre les 100 ans de l’Oyster et un parcours initiatique chez Audemars Piguet.
ROLEX
Oyster Perpetual 41 : LA pièce anniversaire

Avec cette nouvelle Rolex Oyster Perpetual 41, Rolex joue habilement avec ses propres codes. Le modèle revisite en effet le Rolesor jaune — alliance historique d’acier et d’or — en le détournant subtilement : si la lunette bombée et la couronne de remontoir sont bien façonnées en or jaune 18 carats, le bracelet Oyster, lui, reste entièrement en Oystersteel. Un choix esthétique inattendu, qui rompt avec la tradition des mailles centrales en or et confère à la pièce une allure plus technique.

Mais c’est surtout dans les détails que cette Oyster Perpetual affirme son caractère commémoratif. Pensée pour célébrer le centenaire du boîtier Oyster, elle multiplie les clins d’œil : un « 100 » en relief orne la couronne Twinlock, tandis que le cadran ardoise soleillé accueille la mention « 100 years » à 6 heures, en lieu et place du traditionnel « Swiss Made ». La minuterie se pare quant à elle de carrés verts toutes les cinq minutes, écho direct à la couleur signature de la maison, reprise également pour la typographie Rolex (pour la première fois en vert).

Derrière cette esthétique maîtrisée se cache une mécanique de haute précision. Animée par le calibre 3230 à remontage automatique, la montre affiche une réserve de marche confortable d’environ 70 heures et une précision de –2/+2 secondes par jour, conforme à la certification Superlative Chronometer renforcée en 2026. Équipé de l’échappement Chronergy et d’un spiral Parachrom bleu paramagnétique, le mouvement illustre le savoir-faire technique de la manufacture.

Étanche à 100 mètres, protégée par un verre saphir antireflet et montée sur un bracelet Oyster avec rallonge Easylink, cette Oyster Perpetual 41 conjugue robustesse et élégance. Une pièce anniversaire qui, loin de se contenter de célébrer son passé, affirme une vision contemporaine de l’icône.

métallique à trois mailles larges et plates est doté d’un fermoir Oysterclasp.
9 350 euros
Consulter la fiche technique de la Rolex Oyster Perpetual 41.
Oyster Perpetual 36 : une Oyster qui ne manque pas de pep’s

La nouvelle Oyster Perpetual 36 choisit d’affirmer sa différence avec un cadran inédit qui revisite un code historique de la Maison — le décor Jubilee — en le propulsant dans une esthétique résolument contemporaine. Résultat : un cadran multicolore, graphique et vibrant, qui attire immédiatement le regard.


Introduit à la fin des années 1970, le motif Jubilee fait ici l’objet d’une réinterprétation très originale. Les lettres du nom « Rolex » s’y entremêlent dans un jeu de contrastes faisant intervenir pas moins de dix teintes. Une prouesse technique, tant l’application successive de chaque couleur exige une précision absolue pour garantir un alignement parfait des motifs. Ce travail minutieux confère au cadran une profondeur et un relief peu communs, véritable signature visuelle de cette édition.

Le boîtier de 36 mm, aux proportions équilibrées, reste fidèle à l’ADN de la collection. Usiné dans l’acier Oystersteel — un alliage de la famille des 904L reconnu pour sa résistance à la corrosion et son éclat durable — il conjugue robustesse et élégance. La lunette bombée polie dialogue avec des flancs satinés, tandis que le bracelet Oyster à trois mailles, équipé du système Easylink, assure un confort indéniable.

Côté mécanique, la montre est animée par le calibre 3230, un mouvement manufacture à remontage automatique. Certifié Chronomètre Superlatif, il garantit une précision de –2/+2 secondes par jour et une réserve de marche d’environ 70 heures. Doté de l’échappement Chronergy et d’un spiral Parachrom, il se distingue par sa résistance accrue aux chocs et aux champs magnétiques.
Avec cette Oyster Perpetual 36, Rolex démontre une nouvelle fois sa capacité à conjuguer héritage et modernité. Une pièce à la fois technique et expressive, qui confirme que la sobriété peut, parfois, se teinter de singularité.

6 500 euros
Consulter la fiche de la Rolex Oyster Perpetual 36.
Oyster Perpetual Cosmograph Daytona : l’icône revisitée

Déclinaison inédite du modèle Oyster Perpetual Cosmograph Daytona, cette version introduit une construction associant acier Oystersteel et platine, désignée sous l’appellation Rolesium. Le boîtier Oyster de 40 mm, étanche à 100 mètres, conserve une architecture monobloc avec couronne Triplock vissée et poussoirs de chronographe également vissés. Il est complété par un fond transparent en saphir traité antireflet, cerclé d’une bague en platine.

La lunette Cerachrom monobloc en céramique anthracite se distingue par une composition en zircone enrichie en carbure de tungstène. Elle intègre une échelle tachymétrique moulée en creux, dont les graduations sont remplies par dépôt de platine grâce à un procédé PVD. Les chiffres, positionnés horizontalement, reprennent une configuration historique. L’ensemble présente une forte résistance aux rayures et à la corrosion.

Le cadran émaillé blanc est réalisé selon la technique « grand feu », avec une cuisson à plus de 800 °C. Contrairement aux procédés classiques, l’émail est ici appliqué sur des bases en céramique distinctes pour le cadran principal et les compteurs, avant assemblage sur une platine en laiton. Les index et aiguilles en or gris 18 ct sont traités Chromalight pour une lisibilité optimale en toutes circonstances.

La montre embarque le calibre 4131, mouvement chronographe mécanique à remontage automatique bidirectionnel. Il intègre une roue à colonnes et un embrayage vertical, avec une fréquence de 28 800 alternances par heure. L’échappement Chronergy en nickel-phosphore, le spiral Parachrom paramagnétique et les amortisseurs Paraflex participent à la stabilité de marche. Réglé selon une tolérance de –2/+2 secondes par jour, il offre une réserve de marche d’environ 72 heures. Le mouvement, visible côté fond, présente des ponts décorés Côtes de Genève Rolex et une masse oscillante ajourée en or jaune.

Le bracelet Oyster à trois mailles en acier Oystersteel est équipé d’un fermoir Oysterlock avec rallonge Easylink de 5 mm. L’ensemble bénéficie de la certification Superlative Chronometer, avec une garantie internationale de cinq ans.
56 200 euros
Consulter la fiche de l’Oyster Perpetual Cosmograph Daytona.
Oyster Perpetual Datejust 41 : se mettre au vert

La Rolex Oyster Perpetual Datejust 41 associe un boîtier Oyster de 41 mm en acier Oystersteel et or gris, pour une épaisseur de 11,60 mm. La carrure monobloc, le fond vissé et la couronne Twinlock à double étanchéité garantissent une résistance à l’eau jusqu’à 100 mètres.

La lunette cannelée en or gris, héritée d’une fonction initiale de vissage, constitue aujourd’hui un élément visuel distinctif.
Le cadran vert à l’effet légèrement fumé repose sur une base laquée verte, sur laquelle est appliqué un dégradé concentrique noir par pulvérisation. Les index et les aiguilles en or gris 18 carats sont remplis de Chromalight, offrant une émission bleue durable. L’affichage comprend les heures, minutes et secondes centrales, ainsi qu’une date à 3 heures avec correction rapide, sous loupe Cyclope – signature de la collection- intégrée à une glace saphir traitée antireflet.

Le mouvement mécanique à remontage automatique (calibre 3235), oscille à une fréquence de 28 800 alternances par heure (4 Hz). Il intègre un échappement Chronergy en nickel-phosphore, un spiral Parachrom bleu paramagnétique et des amortisseurs de chocs Paraflex. Le balancier à inertie variable est ajusté par écrous Microstella. L’ensemble offre une réserve de marche d’environ 70 heures et une précision de –2/+2 secondes par jour après emboîtage, conformément à la certification Superlative Chronometer.

Le bracelet Oyster à trois mailles, en acier Oystersteel, alterne surfaces polies et satinées. Il est également équipé d’un fermoir Oysterclasp avec rallonge Easylink permettant un ajustement rapide d’environ 5 mm.
11 350 euros
Consulter la fiche technique de la Oyster Perpetual Datejust 41.
AUDEMARS PIGUET
HOUSE OF WONDERS au Watches and Wonders 2026 , une exposition reliant le passé et le futur de la Maison

« L’horlogerie a toujours été une histoire de collaboration et de transmission », rappelle Ilaria Resta, CEO d’Audemars Piguet au micro de notre toqué du tic-tac. Dans le prolongement de son 150e anniversaire, la manufacture dévoile l’Atelier des Établisseurs, une initiative présentée à Watches and Wonders, qui repose sur la co-création avec des ateliers externes.

Ce projet est présenté au salon dans un espace immersif baptisé « House of Wonders ». Conçu comme un parcours didactique, il articule histoire horlogère, architecture des mouvements et typologies de complications.

Le visiteur y observe également les techniques de décoration et les développements récents, avec une mise en regard systématique entre pièces de patrimoine et créations contemporaines. Cette juxtaposition met en évidence l’évolution des solutions techniques, des matériaux et de l’ergonomie, tout en soulignant la continuité des savoir-faire.

L’exposition intègre des modules interactifs et la présence d’artisans, chargés de présenter leurs méthodes et réalisations. Elle se conclut par un espace séparé en deux : un laboratoire dédié à la recherche et développement, couvrant cinq générations d’innovations, et l’Atelier des Établisseurs. Ce dernier reprend le principe historique de l’établissage, système en réseau actif dans la vallée de Joux du XVIIIe au milieu du XXe siècle, dans lequel la Maison coordonnait la production de composants réalisés par des ateliers spécialisés avant leur assemblage final.

Dans sa déclinaison contemporaine, l’Atelier des Établisseurs s’appuie sur des collaborations internes et externes pour produire des séries limitées intégrant métiers rares et techniques traditionnelles.

Les premières pièces présentées illustrent cette méthode : une combinaison de procédés séculaires et d’outils actuels, appliquée à des garde-temps à faible volume, avec un haut niveau de finition manuelle. Voici l’Atelier des Établisseurs :
Le retour d’un système fondateur
L’Atelier des Établisseurs est dédié à la conception de montres en séries très limitées, fondé sur la collaboration entre métiers spécialisés. Ce projet s’inscrit dans la continuité du système de l’établissage, organisation historique apparue à la fin du XVIIIe siècle dans la vallée de Joux, où des artisans indépendants produisaient composants et finitions avant assemblage par un établisseur, comme expliqué ci-dessus. Installé au sein du Musée Atelier Audemars Piguet, ce nouvel espace réactive ce modèle en réunissant des compétences complémentaires autour de créations contemporaines. Graveurs, émailleurs, horlogers squeletteurs, sertisseurs ou lapidaires interviennent aux côtés de designers et d’ingénieurs. Chaque intervenant agit sur un segment précis, depuis la fabrication des composants jusqu’à leur décoration et leur emboîtage. Les garde-temps issus de cet atelier reposent sur des calibres modernes, adaptés aux contraintes de chaque projet. Les mouvements sont décorés à la main, intégrant des finitions traditionnelles, puis assemblés sur place. L’approche privilégie des volumes restreints afin de permettre l’exécution de techniques artisanales exigeantes, souvent incompatibles avec une production industrialisée.
Trois premières montres inaugurent ce programme présenté lors du salon Watches and Wonders 2026. Elles illustrent l’idée de maintenir des techniques rares tout en les intégrant dans des objets horlogers actuels.
Établisseurs Galets, montre et calibre de forme par excellence

Cette version s’inspire directement de la vallée de Joux et de l’aspect des pierres polies par l’eau du lac. En or 18 carats, elle adopte une boîte aux contours arrondis, étanche à 20 mètres, avec une épaisseur comprise entre 7,5 mm et 8,8 mm selon les configurations. Le cadran est réalisé en pierre naturelle, ici de la turquoise, sans index, survolé d’aiguilles bâton en or et monogramme « AP » appliqué.


Le bracelet en or 18 carats mérite l’attention à plus d’un titre. En effet, il est constitué de maillons aux formes irrégulières en œil-de-tigre, reliés par de petites sphères permettant une mobilité articulée.

La montre est animée par le calibre 3098 à remontage manuel, dérivé du calibre 3090 développé en interne en 1999. Ce mouvement de forme, d’un diamètre d’environ 20,3 mm et d’une épaisseur de 2,8 mm, se compose de 141 éléments au total. Il offre une réserve de marche de 48 heures et bat à une fréquence de 3 Hz (21 600 alternances par heure). Les ponts présentent une finition grainée réalisée à la main. Assemblée, ajustée et emboîtée par un seul horloger, la pièce sera également disponible dans l’année dans cinq autres variations, combinant différentes pierres naturelles.

Prix sur demande
Consulter les détails techniques du modèle Établisseurs Galets.
Établisseurs Nomade, la montre de poche ultra-moderne
Ce modèle « multifonctions » peut être porté en pendentif, utilisé comme montre de poche ou posé en pendulette. Sa boîte combine titane avec des pierres naturelles façonnées sur mesure. La structure repose sur un système coulissant : la boîte intérieure, ornée d’onyx, glisse dans une boîte extérieure grâce à un rail activé par un double-poussoir dissimulé. L’ensemble est étanche à 20 mètres pour une épaisseur de 13,8 mm.

Le cadran extérieur en météorite est protégé par une glace saphir traitée antireflets. À l’intérieur, le mouvement squeletté structure l’affichage : ses ponts font office d’index, associés à des aiguilles bâton en acier poli. L’habillage extérieur adopte un maillage métallique biseauté intégrant des pierres facettées, formant un étui rigide très architectural. Une chaîne de 40 cm, en titane parfait l’ensemble.

La montre est animée par le calibre 7501 à remontage manuel, dérivé du calibre 7121 lancé en 2022. D’un diamètre de 33,4 mm pour 3,69 mm d’épaisseur, il comprend 149 composants. Il offre une réserve de marche de 65 heures et une fréquence de 4 Hz (28 800 alternances par heure). Le mouvement est entièrement squeletté à la main au bocfil, un outil de ciselage ultra-précis, avec un travail de découpe et de finitions remarquables.

Prix sur demande
Consulter les détails techniques de la montre Établisseurs Nomade.
Établisseurs Peacock, une montre qui fait la roue
Pour terminer, l’Établisseurs Peacock revisite le principe de la montre à secret à travers une construction intégrant un automate. Fermée, la pièce adopte l’apparence d’un scarabée en or gris finement gravé.

Un mécanisme dissimulé permet, par simple pression, de déployer les ailes et la tête pour révéler un décor interne articulé autour d’un paon miniature façonné à la main. La boîte en or 18 carats, étanche à 20 mètres, présente une épaisseur de 17 mm et intègre l’ensemble du dispositif mobile.

Le cadran, dissimulé sous cette structure, est réalisé en or gravé avec différents niveaux de profondeur. Il est complété par un fond en émail translucide gravé à la main, figurant la queue du paon. L’affichage des heures se fait par guichet à midi, selon un système d’heure traînante.

L’ensemble est protégé et mis en valeur par l’ouverture de l’automate, animé par un mouvement à remontage manuel doté d’environ 48 heures de réserve de marche.
Le bracelet en or gris 18 carats est constitué de maillons ajourés et gravés en forme de plumes, assemblés par des billes en or. Il intègre un fermoir joaillier avec double système de sécurité. Il paraîtrait que trois variations sont annoncées à partir de 2027. On a vraiment hâte !

Prix sur demande
Consulter les détails techniques de la montre Établisseurs Peacock.
LES MONTRES ÉVOQUÉES LORS
DU MICRO-TROTTOIR DE FRANÇOIS-JEAN DAEHN, président de Montaigne Publications





Nautilus 5810/1G-001 en or gris – 87 700 euros
