Culture

Les 10 expos Mode à faire avant la fin de l’année

Cartier, Jaeger-LeCoultre, Vogue Paris, Cinémode, les expositions défilent en ce moment sur Paris. Destinées aux icônes de la mode, elles sont à visiter absolument avant la fin de l’année. Alors pensez à réserver !

Par Chloé Redler

Cartier et les Arts de l’Islam. Aux sources de la modernité.

Après une heure et demie de déambulation à travers une scénographie et un parcours bien pensés, on ressort de cette exposition, époustouflé. Illustration parfaite des influences des arts de l’Islam sur la fabrication de bijoux et d’objets de Cartier au début du XXe siècle, elle plonge le visiteur dans une époque riche en création pour la Maison. Une influence qui, par ailleurs, perdure encore aujourd’hui.

Coffret —Iran, XIXe siècle – Bois et marqueterie de bois teinté, d’ivoire et de métal (khatamkari) Paris, Musée du Louvre, département des Arts de l’Islam – Dépôt du Musée des Arts Décoratifs, Paris – © Musée du Louvre, Dist. RMN Grand Palais / Hervé Lewandowski.
Nécessaire — Cartier Paris, 1924 – Or, platine, nacre, turquoises, émeraudes, perles, diamants, émail Nils Herrmann Collection Cartier – © Cartier.

Grande famille de collectionneurs, les Cartier portent un intérêt certain pour les motifs orientaux qui inondent dessins, livres, photographies et documents d’archives. Les voyages en Inde de Jacques Cartier auprès des princes de la péninsule et des maharajahs y sont également pour beaucoup. Il y développe sa clientèle et rapporte des pièces anciennes et contemporaines dont il s’inspire et réinterprète. Poursuivi par son petit-fils Louis Cartier et Jeanne Toussaint dans les années trente, cet élan esthétique rempli de modernité favorise le renouvellement des formes et des techniques de fabrication. Aigrettes, pompons, couleurs, matières, sautoirs, Tutti Frutti, bijoux en volume, sacs et accessoires baptisés « apprêts » inondent les créations de la marque de luxe parisienne.

Collier draperie — Cartier, Paris, commande de 1947
Or, platine, diamants, améthystes, turquoises – Commande du duc de Windsor pour la duchesse de Windsor Nils Herrmann Collection Cartier – Studio Gérard © Cartier.

Coup de cœur pour l’espace central de la nef avec ces deux installations digitales créées par les équipes d’Elizabeth Diller du Studio DS+R pour donner une dimension monumentale aux bijoux. Grandiose !

Du 21 octobre 2021 au 20 février 2022 – Musée des Arts Décoratifs -107, rue de Rivoli, Paris 1er – www.madparis.fr.

Jaeger LeCoultre – Reverso, intemporelle.

Pensée à l’occasion des 90 ans de la Reverso, cette rétrospective autour de la montre emblématique de la manufacture Jaeger-LeCoultre explore son processus créatif et technique tout au long de son histoire. Quelques temps forts à retenir avec dès notre arrivée l’installation renversante de Michael Murphy. Spacetime nous envoie dans la 4e dimension d’une œuvre en anamorphose. L’artiste a séparé tous les éléments de cette icône pour raconter son histoire et expliquer son fonctionnement. Faites-lui face puis déplacez-vous. Vous verrez petit à petit se dessiner tous ses rouages. Fascinant…

Située à l’entrée de l’exposition, l’installation quadridimentionnelle Spacetime de l’artiste Michael Murphy met en lumière tous les rouages de la Reverso.

Fabriquée à l’origine pour protéger le cadran et le verre de la montre (voir notre article sur la Reverso Tribute Nonantième : un beau cadeau d’anniversaire !), le revers peut exprimer toute sa créativité sous diverses formes : armoiries, motifs personnalisés, messages ou initiales. Place aux Métiers d’Art.

Comme des toiles artistiques, les Reverso Tribute Enamel Trésors Cachés sont de véritables chefs-d’oeuvre miniatures reproduits par les maîtres émailleurs de la manufacture.

On retiendra l’espace dédié aux Reverso Tribute Enamel Trésors Cachés. Ces trois éditions exceptionnelles sont à l’image des trois tableaux de Courbet, Van Gogh et Klimt, des œuvres perdues, retrouvées et enfin authentifiées. Le trio remarquable illustre trois des savoir-faire des ateliers de Jaeger-LeCoultre : la technique de l’émail Grand Feu, la peinture miniature en émail et le guillochage. À vous de juger !

Cerise sur le gâteau : le dernier étage est consacré au 1931 Café à la décoration Art Déco où les pâtisseries de la cheffe française Nina Métayer amènent l’exposition à son point culminant.

Situé au 4e étage de l’exposition, le 1931 Café au style Art Déco est le nouvel écrin des pâtisseries de la chef Nina Métayer, créées spécialement pour l’événement.

On optera pour le Silence de Myrtille à la pâte sablée et sa crème d’amande fondante, ses myrtilles poêlées et sa chantilly légère parfumée de zestes de citron. De quoi finir l’expo sur une note sucrée où le temps semble suspendu, intemporel.

Du 21 octobre 2021 au 24 décembre 2021 – 15, rue du faubourg Saint-Honoré, Paris 8e – www.jaeger-lecoultre.com.

Cinémode par Jean-Paul Gaultier.

Les stars font leur cinéma chez Jean Paul Gaultier. Imprégné depuis toujours par les robes vaporeuses et élégantes de Marilyn Monroe, d’Audrey Hepburn ou de Catherine Deneuve, par le short de Rocky Balboa, en passant par le justaucorps de Superman et les Falbalas dans le film de Jacques Becker (1945),le couturier est un cinéphile dans l’âme. À l’image de ses défilés construits sur un scénario, une orchestration sonore et une scénographie élaborée, l’exposition est un mélange détonnant d’atypisme et d’excentricité des genres : femmes fatales ultra-féminisées de Hollywood, starlettes françaises, cow-boys, super-héros, androgynes, femmes puissantes à l’artificialité assumée, etc.

Pedro Almodóvar, Victoria Abril et Jean Paul Gaultier sur le tournage de Kika, 1994 – © Nacho Pinedo.

Des personnages hétéroclites aux corps différents et queer que l’Homme à la marinière – qu’il a, par ailleurs réinterprété – aime mettre en scène. Chez lui, cultiver la différence est un art, son septième peut-être…

Jean Paul Gaultier à la Cinémathèque française © Capucine Henry.

Du 6 octobre 2021 au 16 janvier 2022 – Cinémathèque française – 51, rue de Bercy, Paris 12e – www.cinematheque.fr.

Thierry Mugler, Couturissime.

Chez Thierry Mugler, « Couturissime » pourrait rimer avec « Futurissime » tant ses créations semblent sortir d’un film fantastique. Fantastique, c’est le mot qui nous vient tout de suite à la bouche après avoir vu cette exposition. Que l’on aime ou non, ces 150 tenues et accessoires présentés, incroyables et excentriques sont d’une audace renversante. Au début de sa carrière, le couturier s’inscrit dans la mouvance des « Jeunes Créateurs » de l’époque – Claude Montana, Kenzo Takada, Jean Paul Gaultier – et son approche sculpturale du corps signe sa patte artistique.

Tailleur en caoutchouc, effet « pneu » – Collaboration avec Abel Villareal – Collection Les Insectes – Haute Couture printemps-été 1997 – © MAD, Paris Christophe Dellière.

Plus que de simples présentations de vêtements, ces derniers sont comparés à de vrais spectacles demesurés. D’ailleurs, Mylène Farmer, Lady Gaga, Kim Kardashian ou encore Cindy Sander, lui font confiance et partagent sa folie des grandeurs. Quand la mode rime avec mises en scène démesurées, c’est Thierry Mugler.

Du 30 septembre 2021 au 24 avril 2022 – Musée des Arts Décoratifs – 107, rue de Rivoli, paris 1er – www.madparis.fr.

Sneakers, les baskets entrent au musée 

Elles ont enfin leur place au musée ! Faites taire la fan de baskets et découvrez cette exposition qui ne manque pas d’originalité au musée de l’Homme. Originale mais pas incohérente quand on voit l’ampleur du succès des sneakers ces dernières années. Qualifiées de véritables phénomènes de société, elles sont devenues un objet de consommation de masse. Aujourd’hui accessoire de mode par excellence – en effet, même visible sur les podiums des grandes maisons de couture – la chaussure à la semelle en caoutchouc est le symbole de liberté et d’émancipation du mouvement hip-hop né aux États-Unis.

Longtemps réservées aux activités sportives, les baskets se retrouvent aux pieds de tous avec le mouvement hip-hop.

Passée les frontières, la sneaker plus que démocratisée devient l’objet d’une course à l’innovation sans précédent de toutes les marques. D’ailleurs, grâce à elle, plus de 70 paires sont exposées dont quelques pépites et modèles phares. Alors il est peut-être temps de commencer une collection ?!

Du 13 octobre 2021 au 25 juillet 2022 – Musée de l’Homme – 17, place du Trocadéro, Paris 16e – www.museedelhomme.fr.

Vogue Paris 1920-2020

Expo parisienne en vogue en ce moment – sans aucun jeu de mots – Vogue Paris 1920-2020 célèbre les 100 ans du magazine éponyme et emblématique fondé par Condé Nast. La plus ancienne des revues périodiques de mode français encore publié aujourd’hui, Vogue Paris défile pour nous au Palais Galliera à travers des couvertures et des photographies iconiques, des dessins et des archives inédites. Au fil d’un parcours chronologique à l’iconographie remarquable, on découvre à quel point il a eu un rôle de premier plan dans la diffusion de l’image de Paris, capitale internationale de la mode. 

En tête d’affiche de l’exposition Vogue Paris 1920-2020, l’actrice française Catherine Deneuve est l’illustration parfaite de la femme Vogue.

Vogue Paris, c’est aussi, mais surtout des rédacteurs et des rédactrices qui ont fait son histoire : Michel de Brunhoff, Emmanuel Alt, Edmonde Charles-Roux, Francine Crescent ou encore Carine Roitfeld. De plus, il a été un tremplin artistique à de nombreux illustrateurs et photographes de renom (Bourdin, Klein, Lindbergh, Testino, etc). Mais également un haut lieu d’échanges et de collaborations avec des stylistes tels que Karl Lagerfeld et Yves Saint Laurent dont leurs muses Catherine Deneuve et Kate Moss incarnent à jamais la femme Vogue.

Du 2 octobre 2021 au 30 janvier 2022 – 10, avenue Pierre 1er de Serbie, Paris 16e – www.palaisgalliera.paris.fr.

En scène ! Dessins de costumes de la collection Edmond de Rothschild

Autre époque, autre ambiance, mais toute aussi fascinante, cette exposition réunit à elle seule, une centaine de dessins d’habits de spectacle, de costumes de fêtes, de ballets et de théâtre à l’époque de Louis XIV. Une collection remarquable offerte par le baron Edmond de Rothschild (1845-1934) au musée du Louvre. Ce qu’il y a d’extraordinaire dans ces dessins, c’est leur source inestimable pour l’histoire du costume, de la danse, de la musique et de la mode en France à cette époque.

Costumes de fêtes et de mascarades. Théâtre de Louis XIV – Berain, Jean I.
Jean Berain, Costume pour le rôle titre de l’opéra « Thésée ».

En effet, les habits ayant complètement disparus, il nous est resté ces recueils de papier. On y découvre les principaux types de spectacles de l’époque : bals, ballets et mascarades, divertissements équestres et opéras. Une merveille pour les dessinateurs passionnés.

Du 28 octobre 2021 au 31 janvier 2022 – Rue de Rivoli, Paris 1er – www.louvre.fr

Jean

Intemporel de notre dressing, le jean est dans tous ses états à l’exposition qui lui est consacrée à la Cité des sciences et de l’industrie. Afin d’attirer un public toujours plus hétéroclite et jeune, cette visite décalée et ludique – jeux, films, manipulations, multimédias et vidéos – invite le visiteur à comprendre ce qui fait du jean, un vêtement mythique.

Intemporel du vestiaire, le jean est le terrain de jeux de nombreux stylistes.

Une expérience immersive bien faite sur les origines et l’histoire de ce pantalon, avec la présence de quelques pièces de collection américaines de la fin du XIXe siècle à 1945. En passant par les différentes étapes de sa fabrication et la découverte de l’extraordinaire « tissuthèque » où sont déclinées de multiples variétés de denim.

La « tissuthèque » que l’on pourrait rebaptiser pour le clin d’oeil la « denimthèque » est une déclinaison de multiples variétés de tissus jean.

Un film choc nous alerte sur son processus de production très inquiétant : surconsommation d’eau et de pesticides dans la culture du coton, conditions de travail des ouvriers, « fast fashion », etc. Une prise de conscience qui offre une alternative pour un jean plus propre, plus éco-responsable. Le nouvel enjeu de la modosphère aujourd’hui.

Du 8 décembre 2020 au 8 mai 2022 – Cité des sciences et de l’industrie – www.cite-sciences.fr.

Les coulisses du Printemps, des souterrains aux coupoles

Nous ne pouvions pas parler de mode sans parler de l’un des sanctuaires qui lui est entièrement dédié. Avec sa façade inscrite au titre des Monuments Historiques, le Printemps Haussmann, célèbre grand magasin parisien, est l’illustration parfaite des évolutions techniques et esthétiques qui transforment la capitale au XIXe siècle. Ces changements sont également perceptibles dans l’attitude de la haute société qui consomme la mode autrement. À l’image du roman d’Émile Zola, Au bonheur des dames, la mode est à portée de main dans les moindres détails et accessoires. 

1905-1929 – Vues intérieures anciennes (ilot 1) – ©Printemps Haussmann.

Il y a quelques semaines, nous avions été invités par Cultival – un organisme qui propose des visites guidées inédites de lieux que l’on croyait jusqu’alors inaccessibles – à entrer dans les coulisses de ce magasin mythique. Des souterrains à la Coupole Binet, des ateliers au Pont d’Argent, nous sommes sous le charme de cette visite orchestrée d’une main de maître par notre guide conférencier. Après une petite montée d’escaliers vétustes et une traversée de couloirs étroits, notre groupe débouche enfin dans la « double peau » (l’intérieur) de la coupole, à couper le souffle. Le simple privilège est là, juste à contempler l’envers du décor, littéralement.

Créé en 1923 par le maître verrier Eugène Brière, ce monument Art Déco accueille aujourd’hui une brasserie très convoitée par les parisiens.

Deuxième coupole, mais cette fois-ci réhabilitée après de longues années de fermeture au public, ladite Binet est sublimée par une mise en scène de 12 000 oiseaux en origamis imaginés par le designer Charles Kaisin. Clou de la visite, les portes de la Terrasse s’ouvrent devant nous, Paris à nos pieds…

Située au dernier étage du Printemps Haussmann, l’oeuvre du designer Charles Kaisin est composée de 12 000 oiseaux en origamis. Une merveille !

Visite permanente – 64, boulevard Haussmann, Paris 9e – www.cultival.fr

Christian Louboutin, l’Exhibitionniste

Quelques mots sur cette « exhibition », car nous en avions déjà parlé dans notre dossier sur « la Pigalle, une icône de la maison Louboutin ». Cette invitation à découvrir l’imaginaire du styliste-chausseur plonge le visiteur dans ses inspirations artistiques aussi loufoques qu’humoristiques. Synonymes de l’ultra-féminité, de multiples stilettos dotés de l’iconique semelle rouge sont présentés dont certains jamais exposés . Une belle rétrospective qui nous fait rougir de plaisir.

Christian Louboutin à l’exposition the Exhibition[niste] – © Courtesy of Christian Louboutin.

Palais de la Porte Dorée – Jusqu’au 3 janvier 2021 – www.palais-portedoree.fr.

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