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Escale à Montréal

La géographie lui offre espace et liberté, c’est l’Amérique. L’histoire lui a légué les savoirs et la singularité de l’Europe, France en tête. Ce cocktail a façonné la capitale du Québec. Il fait merveille.

Par Jean-Pierre Chanial
Leonard Cohen, égérie des murals de Montréal.

Montréal se respire. La ville que traverse le fleuve Saint-Laurent fait la part belle à ses parcs peuplés d’écureuils, à ses avenues larges comme nos autoroutes, à ses forêts dont les érables abritent pistes de ski en hiver et baisers cachés dès les premières douceurs du printemps, à ses plaisirs du grand air, skating, running, biking. Chacun sa saine passion et vive la bonne humeur !

L’ancienne et la moderne

Voilà bien la première impression de Montréal, une forme de joie de vivre, d’amabilité semée au fil des rencontres, d’envie de partager ses bons plans. Cette coolitude touche les deux entités qui composent la ville (2 millions d’âmes, le double pour l’agglomération) : l’ancienne et la moderne.

Montréal vue du ciel.

Un schéma classique en Amérique, éclairé ici par une touchante fierté de ses premiers migrants venus de La Rochelle, Nantes, Brest, La Baule ou Saint-Malo, qui traversèrent l’Atlantique dans le sillage de Jacques Cartier (1491-1557). En 1535, il note dans son carnet de bord « Nomasmes icelle montaigne le mont Royal ». Bientôt, la modeste élévation, 233 mètres, domine un campement, un fortin, un village, une ville, une capitale, naissance de Montréal.

Flamboiements de printemps.

« Je me souviens »

Des ruelles pavées, cent bistros et tables à l’ancienne, autant de rues au nom de nos saints ou des gloires de notre histoire, une splendide basilique Notre-Dame (Céline y a dit oui à son René) entourée par une bonne centaine d’églises, des monastères, des enseignes en français, sans oublier la protique généralisée autant que revendiquée de la langue française illustrent le bonheur d’une balade dans le vieux-Montréal ainsi que la devise du Québec « Je me souviens ». Soit, mais l’histoire avance.

La basilique Notre-Dame, épicentre de la ville.

Démocratie, liberté, respect

Au fil des siècles, la province qui se proclame « Métropole francophone des Amériques » a vu débarquer des vagues et des vagues de réfugiés du monde entier au gré de ses crises. Vite, une nouvelle vie, loin des bombes et de la misère ! L’appel du rêve américain mâtiné de bienveillance à la française, fait merveille. La générosité québécoise proclame qu’ici, nous sommes tous des migrants. Dès 1833, la ville inscrit une nouvelle devise au fronton de ses bâtiments publics : « Concordia salus », au sens strict « Le salut par la concorde », plus simplement, l’art de vivre ensemble.

Le cercle, ouvert sur la rue Sainte-Catherine.

Actuellement, la métropole intègre une bonne centaine de nationalités d’origine. Elle offre à chaque nouveau-venu le plaisir de rester lui-même et demande en retour d’adhérer aux valeurs, démocratie, liberté, respect, qui suscitent la fierté d’être Montréalais, Québécois, Canadien.

La ville-monde

Arpenter la rue Sainte-Catherine, plus d’un kilomètre de centres commerciaux, de théâtres et de places fleuries, en vérifier la réussite. Foule compacte, peu soucieuse de ses différences, rassemblée autour de mêmes envies. Un jean, une gaufre au sirop d’érable, une salle de fitness, un prochain smartphone ou une bière devant l’écran géant qui ralentit les dunks des basketteurs de l’Alliance. En sous-sol de cette rue emblématique courent 30 kilomètres d’allées protégées du froid comme de la canicule, où logent 1 300 boutiques !

Le bonheur d’une vie en couleurs.

Autre démonstration des diversités montréalaises, le boulevard Saint-Laurent et ses alentours. Une boutique d’artisanat africain jouxte un restaurant turc. Plus loin, le bistro français côtoie une vitrine de tissus indiens, une autre d’épices libanais ou irakiens, un magasin de musique, on y parle brésilien, et une pizzeria. Bienvenue dans la ville-monde.

Humaniti rayonne

Depuis une chambre de l’Humaniti, Montréal moderne.

Et pile-poil au milieu, pointe un hôtel, l’Humaniti. Il fait le trait d’union entre la ville initiale et celle qui vit déjà demain. Sur une vingtaine d’étages tapissés de verre, il exalte la lumière. L’art également : la maison sème plusieurs centaines d’œuvres modernes, toiles, sculptures, objets ou meubles dans ses parties communes autant que dans 193 chambres aux dimensions et au confort dignes des standards américains.

Une des chambres de l’hôtel Humaniti.

A la fois sentinelle, repère et poste d’exploration, Humaniti rayonne. Direction l’ancienne ou bien la moderne, la marchande ou la méditante, bistro ou fast-food, fleuve ou montagne, fleur de lys ou feuille d’érable ? Point zéro de Montréal, ses portes ouvrent sur la multiplicité. Donc, la liberté.

Une piscine en pleine ville

Tourisme Montréal (www.mtl.org)

Hôtel Humaniti, 340 rue de La Gauchetière, Montréal.
La nuit en chambre double à partir de 250 euros en mai par exemple.
Tél. : 00 514 657 25 95 et www.humanitihotel.com

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