"Bombe" horlogère

Audemars Piguet × Swatch : focus sur les nouvelles Royal Pop

La planète horlogère n’était pas prête. Pas du tout prête. Après avoir transformé la Speedmaster d’Omega en phénomène mondial avec la MoonSwatch, Swatch récidive là où personne n’osait vraiment regarder : la Royal Oak d’Audemars Piguet. Oui, LA Royal Oak. Celle que certains collectionneurs considèrent presque comme une « relique sacrée » de l’horlogerie suisse. Résultat ? Une envolée chromatique baptisée Royal Pop. Huit montres de poche en biocéramique, saturées de couleurs, inspirées du Pop Art et des mythiques Swatch POP des années 80.

Par Chloé Redler

La Royal Oak quitte le poignet

C’est probablement le détail le plus déroutant — et le plus génial — de cette collaboration : Audemars Piguet et Swatch ne se sont pas contentés de réinterpréter une Royal Oak “accessible”. Ils ont complètement dynamité le concept. La Royal Pop n’est pas une montre-bracelet classique.

C’est une montre de poche hybride, suspendue à une lanière en cuir, pensée pour être portée autour du cou, accrochée à un sac ou posée comme une montre de bureau. En clair : la Royal Oak descend de son piédestal et part s’amuser un peu. Le message est limpide. Swatch questionne sur le respect « muséal » que certains vouent aujourd’hui à l’horlogerie de luxe. Ici, la Royal Oak redevient un objet pop, ludique, presque insolent — exactement dans l’esprit de Gérald Genta en 1972, lorsque l’originale avait déjà scandalisé l’industrie avec sa lunette octogonale et ses vis apparentes. Rappelez-vous.

Une Royal Oak « sous acide » pop

Visuellement, cette collection est un feu d’artifice. Rose chewing-gum, jaune électrique, bleu cobalt, vert citron, noir graphique… Chaque modèle semble avoir été imaginé par Andy Warhol. Les huit références reprennent le boîtier octogonal iconique de la Royal Oak avec ses huit vis hexagonales. Le cadran “Petite Tapisserie”, signature absolue d’Audemars Piguet depuis 1972, est évidemment de la partie. Mais Swatch pousse le curseur plus loin encore.

Sur le modèle Huit Blanc les huit vis de la lunette arborent chacune une couleur différente. Sur Otg Roz, un cadran turquoise rencontre une lunette jaune poussin et une petite seconde rose bonbon. Quant à Orenju Hachi, son bleu marine traversé d’accents orange évoque presque une console Sega des années 1990. A différencier six modèles reprennent le style « Lépine » avec la couronne de remontoir à midi et deux versions type « Savonnette » dont la couronne est à 3 heures et le cadran ponctué d’une petite seconde à 6 heures. C’est génial. C’est excessif pour certains. Et c’est précisément pour ça que ça fonctionne.

Et la mécanique dans tout ça ?

Derrière la folie visuelle, Swatch n’a pas bâclé la mécanique. La collection embarque une nouvelle version manuelle du mouvement SISTEM51, intégrant 15 brevets actifs, plus de 90 heures de réserve de marche et un spiral antimagnétique Nivachron™. Le mouvement, dont l’assemblage est entièrement automatisé, est visible grâce à un fond transparent en saphir.

Et c’est là que l’on aperçoit l’un des brevets inhérents à cette collection. Le tambour de barillet, c’est-à-dire le réservoir d’énergie de la montre, renseigne sur la réserve de marche. Lorsque les chambres du barillet sont grises, elles laissent entrevoir les lames du ressort du barillet : il faut remonter la montre. Inversement, quand la couleur est dorée, le ressort est comprimé et indique que la montre est remontée. Et oui, même les « puristes » devront l’admettre : techniquement, cette collaboration est loin d’être un simple gadget marketing.

“C’est un sacrilège” : la guerre des réseaux sociaux

Mais dès les premières images dévoilées, les réseaux sociaux ont viré au champ de bataille. Sur Instagram, TikTok et les forums horlogers, les réactions se sont divisées en deux camps. D’un côté : les enthousiastes, fascinés par l’audace de voir l’une des montres les plus désirables du monde devenir un objet pop, coloré et accessible.

De l’autre : les gardiens du temple horloger, horrifiés par l’idée qu’Audemars Piguet ait laissé Swatch transformer la Royal Oak en pendentif multicolore. Les commentaires ont fusé bien sûr ! En quelques heures, le hashtag #RoyalPop s’est retrouvé partout, déclenchant des millions de vues, des memes, des vidéos et des files d’attente déjà annoncées devant les boutiques Swatch à partir de ce samedi 16 septembre.

Swatch a compris une chose que le luxe oublie parfois

L’horlogerie adore parler de patrimoine, de tradition et de transmission. Swatch, elle, parle d’émotion immédiate. La marque suisse l’a encore compris avant tout le monde : en 2026, une montre ne se contente plus de donner l’heure.

Elle doit provoquer une réaction. Créer un débat. Devenir un objet de conversation, de désir, de rejet ou de fascination. La Royal Pop fait exactement cela. Et au fond, le plus ironique dans cette histoire, c’est peut-être que cette collaboration outrageusement pop respecte finalement l’ADN originel de la Royal Oak bien plus qu’on ne veut l’admettre. Parce qu’en 1972 déjà, la Royal Oak était une provocation.

385 euros pour les modèles style » Lépine »
400 euros pour les versions « Savonnette »

Consulter les détails techniques de la Royal Pop.

LE SITE DE SWATCH

LE SITE D’AUDEMARS PIGUET

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