Sandhamn, la perle de Stockholm
L’île préférée des Suédois et des fans de voile rayonne comme jamais durant tout l’été. Le soleil y brille alors jusqu’à minuit.

Dans l’imaginaire local, vivre sur une île relève non pas du mythe de Robinson mais du plaisir d’afficher la plus belle des élégances. Pardi, plus de 30 000 de ces royaumes miniatures flottant sur la mer Baltique composent l’agglomération de Stockholm (moins d’un million d’habitants). Alors, y résider, fenêtre grande ouverte sur le large, symphonie des oiseaux de mer et canot chic Delta amarré au ponton, sans oublier le charme d’une nature inaltérée bruissant à quelques milles du palais royal, de la gare centrale et de l’Opéra… voilà qui raconte le bonheur tel qu’il se rêve en Suède.

Bouquets de pins et chalets design
Pour le savourer, cap sur la plus désirable de ces îles, Sandhamn, 1,5 kilomètre de long et 120 habitants, un bijou. Pour s’y rendre, quitter le centre de Stockholm pour grimper dans le bus qui dessert Stavsnäs, une heure de route, avant de grimper sur un petit ferry qui durant 30 minutes louvoie entre de gros cailloux gardés par un bouquet de pins, des galettes dont la forêt cache les chalets design d’heureux contribuables et d’autres refuges squattés par les tenants d’une vie autrement, loin du monde et de ses tourments, à moins que ce soit une escale pour frégates ou fous de Bassan. Enfin, apparaît Sandhamn.

La plage s’appelle Trouville
Ses pontons butent sur un arc de maisonnettes aux murs de bois peint lie de vin ou jaune. Deux plages (l’une d’elle s’appelle Trouville !) assurent la baignade, toujours frisquette. Au centre, la pinède coiffe le royaume, percée de chemins qui ravissent promeneurs et randonneurs : aucune voiture, une seule école pour les cinq bambins qui vivent ici, pas de caméra, une supérette, deux gendarmes pour le cas où, deux restaurants dont le Värdshus, ouvert en 1622, à la fois bouge pour marins qu’une blonde moussue réconcilie avec la terre ferme et table distingué à l’étage, enfin un hôtel, le Sandhamn Seglarhotell, 4-étoiles. Un décret de Sa Majesté l’a érigé en siège du Yacht club royal de Suède. La classe.

Deux régates de référence
En effet, l’île cultive une belle tradition nautique, pendant que le soleil oublie de se coucher. De la mi-juin au début août, argenté depuis l’aube, encore éclatant quand les braves passent à table, opale enfin lorsqu’il roule sur la ligne d’horizon, il assure le show, illuminant la vie, suggérant la célébration. Guinguettes éphémères et musiciens d’un jour accompagnent sa déraison.

Sandhamn accueille de nombreuses régates estivales. Deux font référence. L’une se déroule le vendredi proche du 21 juin et en appelle aux rois du winch. Ils souquent ferme jusqu’à l’île de Gotland avant de revenir. Une vraie compétition. L’autre, plus paisible, a lieu début août et convie les voiliers historiques qui se disputent la palme de l’élégance et du prestige. La remise des trophées s’effectue sous grand apparat, devant les coursiers qui bouchonnent juste devant. Bonne nouvelle pour les propriétaires, la cave réfrigérée du Seglarhôtell assure en Dom Pérignon (1 000 euros le flacon).

Une île pour elle
Dehors, le jour faiblit à peine. Les marins font la pause, les spectateurs savourent les douceurs du soir, le calme, l’envie d’une promenade à l’abri des pins, main dans la main, ou bien d’une halte sur le rocher que caressent des vaguelettes impatientes. Qu’importe l’heure, le jour s’obstine, de silence en confidence. Une île pour elle, minuit avec lui. A Sandhamn, le soleil fait des merveilles.

Vol Paris-Stockholm (2h30) assuré par Transavia (www.transavia.com). Seglarhotell, compter entre 300 et 600 euros la nuit en chambre double, petits déjeuners compris (www.sandhamn.com).
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