Relief et lumière

Awake, la signature des métiers d’art

Chez Awake, les nouveautés se distinguent souvent par leurs cadrans. Avec cette collection Son Mài – Guilloché Main, la marque franchit une étape supplémentaire en réunissant pour la première fois deux techniques artisanales rarement associées : le guillochage traditionnel réalisé à la main en Italie et la laque Son Mài vietnamienne. Plus qu'un exercice décoratif, cette rencontre constitue le véritable sujet de la collection. Mais chez Awake tout a changé. Le boîtier, le bracelet, la boucle, le calibre et même le logo. Décryptage avec Lilian Thibault fondateur de la Maison et Frank Sans C.

Par Chloé Redler

Quand le guillochage rencontre le Son Mài

La collection Son Mài – Guilloché Main d’Awake : la rencontre du guillochage main et de la laque vietnamienne Son Mài.

Dans l’horlogerie, les cadrans artisanaux sont souvent l’occasion de mettre en avant un savoir-faire. Plus rarement deux. Avec sa nouvelle collection Son Mài – Guilloché Main, Awake choisit pourtant de superposer deux techniques dont les logiques semblent presque opposées : le guillochage manuel réalisé sur des machines centenaires en Italie et l’art vietnamien du Son Mài, une technique de laque développée au fil des siècles en Asie du Sud-Est. Le résultat ne tient pas dans une simple addition de métiers d’art. Il repose surtout sur la manière dont ces deux procédés interagissent pour construire la profondeur du cadran.

Afin de réaliser les trois motifs présents sur les trois cadrans, les maîtres guillocheurs actionnent, entièrement à la main, des machines historiques comme le tour à ligne droite ou la Rose Machine.

Tout commence dans l’atelier de la famille Renzetti, l’un des derniers spécialistes européens du guillochage à la main. À l’aide d’un tour à ligne droite ou d’une Rose Machine datant du XIXe siècle, les artisans gravent directement le métal en contrôlant simultanément la rotation du cadran et la progression du burin. Une opération qui exige autant de précision que d’expérience, la moindre erreur imposant de recommencer l’intégralité du travail. Selon les versions, les motifs prennent la forme de vagues, de rayons ou de spirales, chacun composé de centaines de sillons dont les variations restent propres à chaque cadran, ce qui fait que chaque montre est unique.

Le résultat : une multitude de sillons allant des lignes ondulées aux formes circulaires qui se crée pour faire de chaque cadran une pièce unique.

Le rôle de la lumière

La seconde étape se déroule à plusieurs milliers de kilomètres de là, au Vietnam. C’est ici qu’intervient le Son Mài, une technique de laque obtenue à partir de la sève du Rhus Verniciflua. Contrairement à une simple couche colorée appliquée sur un cadran terminé, cette laque participe directement à sa construction visuelle. Appliquée en plusieurs couches puis polie à la main, elle se dépose dans les reliefs du guillochage, en accentue les volumes et modifie profondément la manière dont la lumière circule à la surface du métal.

La laque, provenant de la sève Rhus Verniciflua, est purifiée et enrichie de pigments naturels.

C’est probablement là que réside l’intérêt de cette collection. Le guillochage crée la structure, le Son Mài lui donne sa profondeur. L’un travaille le relief, l’autre la transparence. L’un capte la lumière, l’autre la diffuse. Observés sous différents angles, les cadrans changent constamment de lecture. Les sillons apparaissent, disparaissent puis réapparaissent selon l’intensité lumineuse, créant une animation rarement observée sur des montres (enfin sur des montres dans cette catégorie de prix).

Trois cadrans, une même philosophie

La marque décline ce travail à travers trois éditions chacune limitée à 200 exemplaires. Ayant nécessité environ quinze heures de travail, « Sunset » reprend un motif drapé-moiré inspiré des années 1930, évoquant les ondulations de l’eau, à des dégradés violets, roses et bleus rappelant un coucher de soleil.

« Alba » adopte un guillochage hélicoïdal dont les reflets orange et rouges rappellent les premières lumières du jour. « Borealis » enfin utilise un décor rayonnant recouvert de nuances vertes inspirées des aurores boréales.

Derrière ces univers chromatiques différents, la démarche reste identique : utiliser la couleur non comme un décor mais comme un prolongement du travail mécanique effectué sur le métal.
Cette collection marque également l’arrivée d’un nouveau boîtier de 38 mm chez Awake. Plus compact, doté d’une couronne vissée et d’une étanchéité allant jusqu’à 100 mètres, il accueille le calibre automatique G101 de La Joux-Perret offrant environ 68 heures de réserve de marche. Une base technique cohérente, mais qui passe presque au second plan.

Mouvement La Joux-Perret G101 : nouveau rotor personnalisé en tungstène, alternant creux et reliefs aux finitions brossées, microbillées et polies.

Car dans cette collection, le véritable mouvement est celui qui se produit à la surface du cadran. En effet, ils reprennent une autre signature de la Maison, visuelle cette fois-ci. Pour ne rien altérer à la beauté des cadrans mais, au contraire intensifier leur profondeur, les aiguilles et les index sont recouverts de matière luminescente, surmontés d’une fine lame en acier facettée et polie. Rappelant la notion japonaise du clair-obscur, ce rétro-éclairage est totalement réussi, transformant l’espace entre le verre saphir et le cadran en une chambre de réflexion lumineuse. Laque et guillochis sont ainsi sublimés.

Signature lumineuse : aiguilles et index sont recouverts de matière luminescente et coiffés d’une lame en acier poli.

Ultime détail et non des moindres : les bracelets en Alcantara vert, violet ou orange, doublé en veau caoutchouté aux surpiqûres colorées, signés Jean Rousseau, sont équipés d’une nouvelle boucle ardillon micro-réglable Fitwell M1 assurant un ajustement par pas de 3 mm.

Confectionnés par la manufacture Jean Rousseau, les bracelets sont équipés de la nouvelle boucle ardillon micro-réglable Fitwell M1 qui assure un ajustement précis par pas de 3 mm.

3 180 euros

Son Mài – Guilloché Main – « Alba » – « Sunset » et « Borealis » : Éditions limitées et numérotées à 200 exemplaires par cadran.

Détails techniques :

Boîtier : acier inoxydable 316L
Diamètre : 38 mm
Dimensions “Lug to lug”: 44,75 mm
Entre-corne : 20 mm
Épaisseur : 11,50 mm verre inclus / 10 mm hors verre
Cadrans Métier d’Art : entièrement réalisés à la main selon deux métiers d’art ancestraux réunis pour la 1ère fois en horlogerie : le Guillochage Main et la laque vietnamienne Son Mài.
Index et aiguilles : Super-LumiNova® BGW9, signature lumineuse exclusive AWAKE dite « à coiffe »
Étanchéité : 100 mètres
Verre : glace saphir traitée antireflets
Fond de boîte : fond vissé, verre saphir
Mouvement : automatique La Joux-Perret G101 – 68 heures de réserve de marche
Décoration : nouveau rotor personnalisé en tungstène, alternant creux et reliefs aux finitions brossées, micro-billées et polies. Bague de cerclage micro-billée gravée en creux.
Bracelet : Jean Rousseau – Alcantara vert, violet ou orange – doublé en veau caoutchouté, surpiqures colorées, équipé de pompes courbes presto, et monté sur nouvelle boucle ardillon ajustable.
Garantie : internationale de 3 ans

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