Retour sur la 28e édition du Prix Cartier des Talents Horlogers de Demain
Aujourd’hui, la jeune génération ne se contente plus d’apprendre l’horlogerie : elle la réinvente. À l’heure où les marques horlogères célèbrent volontiers leurs archives et leur histoire, Cartier aime à imaginer l’avenir. Depuis près de trente ans, la Maison organise un concours devenu unique : le Prix Cartier des Talents Horlogers de Demain. Un véritable laboratoire d’idées, où l’on récompense aussi bien des créations que des façons inédites de penser le temps.
Pour cette 28ᵉ édition, le défi lancé aux candidats était le suivant. À partir d’un mouvement de pendulette, les jeunes horlogers devaient répondre à une question presque philosophique : « Changeons d’équilibre : lisons et appréhendons le temps autrement. ». Un exercice qui résume parfaitement l’ADN de Cartier, capable depuis plus d’un siècle de faire dialoguer innovation mécanique et liberté esthétique.
Mais derrière le concours se cache une ambition plus profonde : assurer la transmission. Créé en 1995 dans le prolongement de l’Institut Horlogerie Cartier, le prix accompagne aujourd’hui des apprentis et des techniciens venus de Suisse, de France, de Belgique et d’Allemagne. Leur offrir une scène est une chose ; leur donner les moyens de devenir les artisans de demain en est une autre. C’est précisément ce que cherche à préserver Cartier : un patrimoine vivant, nourri par les savoir-faire autant que par les idées nouvelles.
Les différentes créations
Quand la créativité devient une compétence horlogère
Loin des concours de style, le prix Cartier impose une véritable démarche de création. Après une première sélection sur dossier, les douze finalistes disposent de quatre-vingts heures pour concevoir une pièce entièrement fonctionnelle, accompagnés par un mentor. Une durée volontairement limitée, qui oblige autant à maîtriser la technique qu’à faire preuve de discernement dans chaque choix de conception. Puis place à la sélection du jury composé d’experts dans leur domaine respectif :
Les membres du jury

Roy Davidoff, spécialiste des montres de collection et cofondateur de Roy & Sacha Davidoff SA, Pascale Lepeu, Directrice de la Collection Cartier, Pascal Ravessoud, Vice-président de la Fondation de la Haute Horlogerie, spécialiste horloger et collectionneur, Nathalie Marielloni, Conservatrice au Musée International d’Horlogerie et Kari Voutilainen, horloger indépendant.

Arthur Choquet pour Un Instant et Aymeric Peters pour Silence Choisi.
Le premier prix des « Apprentis Horlogers » revient ainsi à Aymeric Peters avec « Silence Choisi », une pendulette dont les aiguilles demeurent volontairement immobiles jusqu’à ce que l’utilisateur décide de réveiller le temps grâce à une clé. Une proposition poétique où le temps n’existe plus en permanence, mais uniquement lorsqu’on choisit de le convoquer.
Dans la catégorie « Apprentis Horlogers », le 1er prix a été décerné à Aymeric Peters de l’IATA, de Namur en Belgique pour Silence Choisi.


Chez les techniciens, Arthur Choquet s’impose avec Un Instant, une création inspirée de l’architecture parisienne qui fait dialoguer patrimoine et modernité.
Pour les « Techniciens », Arthur Choquet, du Lycée Jean Jaurès de Rennes, en France, remporte le premier prix avec sa création Un Instant.


Pour les « Apprentis Horlogers » aux côtés d’Aymeric Peters, pour le deuxième prix ex-aequo, Layla Sluysmans imagine un nénuphar mécanique Nymphea qui ne dévoile son cadran qu’après une lente ouverture de ses pétales, tandis qu’Édouard Nicod inverse les codes traditionnels en transformant le cadran en structure et le mouvement en véritable acteur visuel avec La Dualité des Opposés.
Le deuxième prix ex-aequo « Apprentis Horlogers » a été accordé à Layla Sluysmans de l’IATA de Namur en Belgique, pour Nymphea.


Le deuxième prix ex-aequo a salué le travail de Edouard Nicod, du Lycée Edgar Faure de Morteau, en France, intitulé : La Dualité Des Opposés.


Continuons avec les « Techniciens » avec Adam Deroche qui atteint la deuxième place en imaginant Médusée, où les aiguilles restent figées tandis que ce sont les chiffres qui se déplacent, quand Adrien Stefenelli remporte le troisième prix en remplaçant purement et simplement l’affichage par une sonnerie, invitant à écouter le temps plutôt qu’à le regarder, avec Écho. Autant de projets qui témoignent d’une étonnante maturité créative, bien au-delà d’un simple exercice d’école.
Le deuxième prix « Techniciens » revient à Adam Deroche du Lycée Diderot, à Paris, en France, pour Médusée.


Le jury a attribué le troisième prix à Adrien Stefenelli du Lycée Jean Jaurès de Rennes, en France, pour Echo.


Former des artisans, révéler des créatifs
Cette édition marque également une première symbolique : la remise des prix s’est déroulée au sein de la Maison des Métiers d’Art de La Chaux-de-Fonds. Plus qu’un écrin, ce lieu incarne la vision de Cartier : préserver des métiers parfois menacés, tout en les confrontant aux technologies et aux usages contemporains. Émail, marqueterie, gravure ou microtechnique y dialoguent sans hiérarchie, comme autant de disciplines appelées à écrire le futur de l’horlogerie.

C’est sans doute là que réside la singularité du Prix Cartier des Talents Horlogers de Demain. Il ne cherche pas à produire des copies conformes des maîtres d’hier. Il encourage de jeunes créateurs capables d’assimiler les règles pour mieux les mettre en perspective. Les récompenses — une immersion au sein de la Maison, une montre Cartier et, pour les premiers prix, une proposition de stage — ne sont finalement qu’un point de départ.
Avec cette initiative, Cartier rappelle que former les horlogers de demain ne consiste pas seulement à leur apprendre à mesurer le temps. Il faut aussi leur laisser la liberté d’en inventer une nouvelle lecture.
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