Oris, Daniel Roth, Gerald Genta et Zenith à Genève
Ce troisième épisode des Geneva Watch Days fait la part belle aux montres qui jouent avec les matières, les couleurs, les finitions et, parfois même, avec la mécanique. De l’obsidienne dorée de Gérald Genta au guillochage de Daniel Roth, du très facétieux calibre de la ProPilot X Gonzo d’Oris au calibre El Primero revisité par Zenith, chacune propose sa propre manière d’attirer l’attention. Cadrans qui accrochent la lumière, mouvements qui cachent bien leur jeu et savoir-faire exceptionnel de quoi ravir un Frank Sans C en pleine forme !
ORIS
ProPilot x Gonzo Edition
Gonzo entre en scène

Difficile d’imaginer personnage plus naturellement associé à cette ProPilot X. Cascadeur, artiste autoproclamé et adepte des expériences improbables, The Great Gonzo, célèbre personnage de Disney’s The Muppets trouve ici une montre à sa mesure. Oris lui confie en effet l’une de ses mécaniques les plus singulières, le calibre 115, et transforme son architecture squelettée en véritable terrain de jeu.

Le boîtier de 44 mm en titane affiche une silhouette technique, tandis que le cadran se déploie dans un spectaculaire dégradé de bleu, de rouge et de jaune, inspiré du pelage et du style vestimentaire de Gonzo. Même l’anneau périphérique joue les caméléons : son traitement laser iridescent change d’apparence selon l’angle de vue, passant du titane poli à différentes nuances de l’arc-en-ciel.
Dix jours et un piment
Mais le véritable numéro de magie se déroule sous les aiguilles. Le calibre 115 est un mouvement mécanique à remontage manuel doté d’une réserve de marche de 10 jours, soit 240 heures, grâce à un imposant ressort de barillet. Visible à travers le cadran squeletté, celui-ci devient ici le support d’une première horlogère : de minuscules gravures réalisées au laser sur chacune de ses spires composent progressivement le visage souriant de Gonzo. Lorsque la montre est entièrement remontée, son portrait apparaît ; à mesure que l’énergie se libère, il se désagrège jusqu’à disparaître.


Le compte à rebours de la réserve de marche est lui aussi à l’image du personnage : son aiguille adopte la forme d’un piment et parcourt une échelle graduée en « GREAT » days.

La mécanique prend le goût du spectacle
C’est finalement là que cette ProPilot X devient intéressante : Gonzo n’est pas simplement un motif décoratif, il anime la mécanique. Son visage apparaît et disparaît au gré de la réserve de marche, tandis que le squelette laisse voir le barillet, les rouages et les différents composants du calibre. Même la sobriété originelle du modèle sert le projet : débarrassée de toute couleur, l’architecture de la ProPilot X pouvait accueillir cette palette exubérante sans perdre sa lisibilité. À travers cette édition limitée, Oris réussit ainsi à faire cohabiter une mécanique de haute précision et un humour très second degré. Une montre sérieuse, donc — mais qui a manifestement décidé de ne pas le rester trop longtemps.


8 500 euros
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Oris Social Club Edition II
Une montre complètement givrée
Avec l’Oris Social Club Edition II, Oris revisite son Aquis Date Relief de 43,50 mm. Le cadran blanc argenté, agrémenté d’une texture givrée, capte la lumière de façon irrégulière. Les aiguilles et les index appliqués recouverts de matière luminescente, se détachent de cette surface « glacée ». En acier, la lunette tournante unidirectionnelle reprend l’échelle des minutes en relief caractéristique de l’Aquis Date Relief. L’ensemble conserve ainsi l’identité d’une véritable montre de plongée tout en lui donnant une expression plus lumineuse.

Une Aquis taillée pour la plongée
Sous cette apparence plus sobre se retrouve l’architecture robuste de l’Aquis. Son boîtier en acier affiche 43,50 mm de diamètre pour 13,10 mm d’épaisseur, avec une couronne de sécurité vissée et une étanchéité portée à 300 mètres. Le verre saphir bombé sur ses deux faces bénéficie d’un traitement antireflet intérieur, tandis que le fond vissé porte des gravures spécifiques à cette édition. Montée sur un bracelet NATO vert olive, la montre assume une allure plus décontractée sans renoncer aux attributs techniques du modèle.

Une mécanique sans superflu
Limitée à 500 exemplaires numérotés, cette édition est animée par un calibre automatique qui privilégie une lecture classique, avec heures, minutes, secondes et date à changement instantané. Caché aux yeux de tous par un fond plein, ce mouvement offre environ 41 heures de réserve de marche. Quelques détails viennent toutefois singulariser cette nouvelle pièce : chaque premier jour du mois, l’ours Oris apparaît dans le guichet de date, tandis que le fond de boîte reprend le contour de la manufacture située à Hölstein. Cette seconde édition de l’Oris Social Club est la première créée en partenariat avec l’ensemble des 62 Oris Social Clubs présents à travers le monde.

2 100 euros
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DANIEL ROTH, Extra Plat Rose Gold Gilt

Cette montre se distingue par son cadran noir, dont la surface révèle à la lumière un fin guillochage ligné. Réalisé sur une base en or massif, ce décor est exécuté au tour à guillocher, selon un geste manuel qui demande des années de pratique (voir l’émission de Frank Sans C sur « Les merveilles de la Fabrique du Temps Louis Vuitton »).
Mais ici, le guillochage n’est que la première étape d’un travail particulièrement minutieux. Les chiffres romains, le nom Daniel Roth et le numéro individuel sont d’abord masqués au vernis, avant que le cadran ne subisse plusieurs traitements de galvanoplastie pour obtenir cette teinte noire intense. Une fois le vernis retiré, les inscriptions apparaissent directement depuis la plaque d’or sous-jacente : c’est le principe du cadran « gilt », qui donne aux indications une profondeur impossible à reproduire par une simple impression.


Le résultat est particulièrement subtil. La surface noire absorbe et réfléchit la lumière tandis que le motif guilloché en accentue les variations selon l’angle de vue. Les éléments dorés semblent ainsi émerger de l’intérieur du cadran, avec un très léger relief qui souligne leur éclat. Au centre, le disque des heures et des minutes reprend cette finition noire guillochée, tandis que les aiguilles en or viennent ponctuer cet ensemble d’une touche lumineuse.
La douceur de l’or rose
Cette richesse du cadran trouve son harmonie dans le boîtier en or rose 5N. Fidèle à la signature Daniel Roth, sa forme en double ellipse de 38,6 x 35,5 mm privilégie les courbes douces. Avec seulement 7,7 mm d’épaisseur, l’Extra Plat Rose Gold Gilt conserve une silhouette particulièrement élancée. Le contraste entre le noir profond du cadran et la chaleur de l’or rose lui donne une présence à la fois discrète et affirmée, tandis que le bracelet en cuir de veau noir prolonge cette association de matières et de couleurs.

L’essentiel, jusqu’au mouvement
Derrière cette apparente simplicité se trouve le calibre manufacture DR002, développé et assemblé à La Fabrique du Temps Louis Vuitton. Ce mouvement à remontage manuel de seulement 3,1 mm d’épaisseur adopte une architecture pensée pour épouser les dimensions réduites du boîtier. Ses 143 composants sont visibles à travers le fond saphir et bénéficient de finitions réalisées à la main : les arêtes des ponts sont façonnées et polies, tandis que l’anglage et le biseautage témoignent du soin apporté aux surfaces et aux transitions. Oscillant à 4 Hz, ce cœur battant dispose d’environ 65 heures de réserve de marche.

71 640 euros
Détails techniques :
Boîtier :
Matière : or rose 5N
Dimensions : 38,6 x 35,5 mm
Épaisseur du boîtier : 7,7 mm
Glace saphir antireflet plate
Fond de boîte en glace saphir
Étanchéité : 30 m
Cadran :
Disque des heures et des minutes en or avec finition noire
Base en or avec finition noire guillochée en ligne
Police en or rose révélée grâce à une technique »gilt »
Aiguilles en or
Bracelet :
Matière du bracelet : cuir de veau
Largeur des cornes : 20 mm
Mouvement :
Calibre DR002
Mouvement manufacture à remontage manuel développé et assemblé à la Fabrique du Temps Louis Vuitton sous la supervision de Michel Navas et Enrico Barbasini
Fréquence : 4 Hz
Réserve de marche : 65 heures
Épaisseur : 31 mm
143 composants
21 rubis
GERALD GENTA, Geneva Répétition Minutes Obsidienne Dorée
Une pierre en guise de cadran
Cette sublime pièce attire le regard tout d’abord par son cadran, réalisé avec une plaque d’obsidienne dorée. Sombre, traversée de nuances brunes et dorées, elle révèle selon la lumière les inclusions naturelles propres à cette roche volcanique. Aucun cadran n’est ainsi parfaitement identique à un autre. Les index en or jaune 3N, polis et arrondis, ainsi que les aiguilles assorties, viennent se détacher avec sobriété de cette matière minérale. Sur le pourtour, la minuterie blanche souligne la géométrie particulière de la montre : circulaire à l’intérieur, elle épouse à l’extérieur la forme coussin du boîtier, créant un jeu de perspective subtil.

Une architecture au service du son
Cette silhouette de 40 mm de diamètre en or jaune 3N mérite d’ailleurs que l’on s’y attarde. Ses godrons polis, qui constituent l’une des signatures historiques de Gérald Genta, alternent avec des surfaces satinées et donnent au boîtier un relief discret. Mais cette architecture n’est pas uniquement esthétique : dans une répétition minutes, le boîtier participe directement à la qualité acoustique. Les parois ont été réduites jusqu’à 0,6 mm d’épaisseur, tandis que la lunette et le fond sont évidés par des perçages circulaires destinés à faciliter la circulation du son. Le verre saphir, ramené à 0,8 mm, participe lui aussi à cette recherche acoustique.

Une mécanique remarquable
Le spectacle se poursuit au dos du boîtier qui laisse admirer le calibre de manufacture, un mouvement à remontage manuel. Ses 316 composants sont entièrement finis à la main. Les Côtes de Genève, les anglages et le perlage de la platine composent une décoration particulièrement soignée. Les masselottes en or poli intégrées au balancier assurent sa régulation par inertie, tandis que le pont de la roue d’inertie, de forme octogonale, reprend l’une des géométries emblématiques du créateur.

Quant aux deux gongs, chacun est taillé puis accordé individuellement à l’oreille et à la main afin d’obtenir une sonorité claire et cristalline. Avec 32 rubis, une fréquence de 3 Hz et 80 heures de réserve de marche, cette répétition minutes réussit ainsi à faire cohabiter la richesse d’une matière naturelle, la sophistication de son architecture et une mécanique dont chaque détail semble avoir été pensé pour être aussi beau que fonctionnel.
412 920 euros
Boîtier :
Matériau : or jaune 3N
Couronne : or jaune, cabochon en obsidienne dorée
Cadran :
En obsidienne dorée
Dimensions : 40 mm
Épaisseur : 9,6 mm
Index en or jaune 3N (poli et arrondi)
Minuterie blanche
Aiguilles en or, poli et arrondi, avec pointe en forme de flèche
Mouvement :
Calibre GG-002
Manufacture – Répétition Minute – Remontage manuel
Fréquence : 3 Hz
Réserve de marche : 80 heures
316 composants
32 rubis
Bracelet en cuir de veau brun
LE SITE DES MONTRES GERALD GENTA
ZENITH, Chronomaster Solo Sport
La céramique donne le ton

À travers sa nouvelle Chronomaster Solo Sport, Zenith propose une série de cadrans en céramique, déclinés en blanc, noir et brun. Selon les différentes versions, le matériau arbore une finition tantôt soleillée tantôt ou polie. La surface des cadrans est par ailleurs structurée par un motif inédit, composé de multiples « Z » inclinés à 45 degrés et semblent être reproduits à l’infini. Cette disposition graphique n’est pas sans évoquer les vibrations de la haute fréquence, une signature visuelle qui se prolonge sur le contrepoids de la trotteuse ainsi que sur le chemin de fer périphérique en « dents de requin ».

Petit coup de cœur pour le modèle marron, qui se distingue particulièrement par le contraste entre la teinte de son cadran et les aiguilles et index appliqués, facettés, de couleur or rose.
Le El Primero sans chronographe
C’est sous le cadran que se retrouve la véritable évolution. Pour la première fois dans la collection Chronomaster, Zenith propose une montre trois aiguilles. Le calibre El Primero 3620, dérivé du chronographe El Primero 3600, abandonne ainsi l’affichage des fonctions du chronométrage pour se concentrer sur l’essentiel : les heures, les minutes et les secondes, avec ou sans date selon les versions. Une nouvelle manière de regarder autrement ce mouvement né en 1969. Débarrassé de ses compteurs, il conserve néanmoins ce qui constitue son identité fondamentale : sa haute fréquence, avec une oscillation à 5 Hz, soit 36 000 alternances par heure.

Son boîtier en acier de 40 mm de diamètre, étanche jusqu’à 200 mètres, est équipé d’une lunette tournante unidirectionnelle en céramique, parfaitement intégré à l’esthétique du cadran. Le calibre conserve également un échappement en silicium, un dispositif stop-seconde ainsi qu’un remontage bidirectionnel, lui assurant une réserve de marche d’environ 60 heures. Visible à travers le fond transparent, il laisse admirer sa masse oscillante ajourée en forme d’étoile, emblème de la manufacture.

La boucle qui change la donne
La boucle Zenclasp™ se distingue surtout par son système de micro-ajustement : en soulevant un second capot, le bracelet peut être allongé ou raccourci par crans de 2,5 mm, sur 10 mm au total, sans outil. Une solution pensée pour s’adapter facilement aux variations du tour de poignet au fil de la journée. Derrière cette simplicité, la boucle compte 41 composants et a nécessité trois années de développement, avant d’être testée sur plus de 600 000 cycles.

Chronomaster Solo Sport avec date – 10 500 euros
Chronomaster Solo Sport sans date – 9 500 euros
Consulter la fiche technique de la Chronomaster Solo Sport.
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