COLORFULL

L’été, les montres aussi prennent des couleurs !

Oubliez les cadrans sages et les montres qui se fondent dans le décor. Cette saison, l'horlogerie voit la vie en rose, en turquoise, en vert et même en arc-en-ciel. Des modèles pastel aux créations joaillières serties de pierres précieuses, la couleur s'invite partout et transforme les garde-temps en véritables accessoires de mode. Venez à la découverte de ces pièces qui n'ont pas peur de se faire remarquer. Parce qu'après tout, si une montre doit donner l'heure, autant qu'elle donne aussi le ton.

Par Chloé Redler

« Il suffit que je parte quelques jours en repérage en Suisse pour une émission spéciale avec Cartier, et hop, Chloé me pique la place ! Faut dire qu’elle a eu raison car son émission est juste sublime avec une sélection de montres triées sur le volet de l’excellence »

Frank Sans C

Des cadrans pastel aux pierres ornementales, les montres s’affirment comme des accessoires de mode à part entière

Longtemps cantonnée aux classiques noirs, bleus ou argentés, l’horlogerie semble aujourd’hui avoir remis la couleur au cœur du style. Des maisons historiques aux marques les plus créatives, la couleur s’impose désormais comme un véritable langage esthétique. Plus qu’un simple choix chromatique, elle devient un moyen d’expression, un marqueur de personnalité et, surtout, un puissant vecteur émotionnel. Cette saison, les cadrans se parent de rose poudré, de vert tendre, de turquoise éclatant ou encore de nuances inspirées des pierres naturelles. Une évolution qui témoigne d’un rapprochement toujours plus affirmé entre l’horlogerie et la mode.

La couleur comme signature

Parmi les modèles les plus emblématiques de cette tendance figure la nouvelle TAG Heuer Formula 1 Solargraph. La manufacture horlogère revisite l’esprit décontracté et sportif de ses montres des années 1980 avec une série de références aux teintes pastel particulièrement réussies. Beige sable, bleu ciel, ou rose tendre, ces couleurs douces apportent une fraîcheur inattendue à une collection historiquement liée au sport automobile.

Les nouvelles Formula 1 Solargraph réinterprètent les codes emblématiques de la collection à travers des couleurs pastel.

Derrière cette esthétique ludique se cache pourtant une véritable innovation technique grâce au mouvement Solargraph, alimenté par la lumière naturelle ou artificielle. Une seule minute au soleil suffit pour récupérer une journée entière d’autonomie. Une charge complète obtenue en moins de quarante heures, permet jusqu’à dix mois d’autonomie dans l’obscurité et son accumulateur possède une durée de vie d’environ quinze ans. Ce qui est impressionnant lorsque l’on aperçoit une trotteuse et une date à trois heures, deux éléments très énergivores.

La version avec un cadran opalin rose rose pastel est produite en série limitée à seulement 2 500 exemplaires.

Mais ce qui attire également l’attention est le design de ces références qui arbore un boîtier de 38 mm de diamètre réalisé en matière composite appelée le TH-Polylight ou bio-polyamide. La lunette tournante unidirectionnelle reprend également ce matériau ce qui confère à la montre une présence légère et plutôt fun. Comme dit précédemment, niveau couleurs TAG Heuer est au rendez-vous : une version beige limitée à 3 500 exemplaires ; une bleu clair à 3 000 pièces et la rose pastel à 2 500.

Le cadran opalin bleu pastel est ponctué d’index appliqués polis plaqués rhodium, recouverts de matière luminescence blanche de jour, et verte de nuit.

Sur le cadran coordonné, une minuterie framboise contraste juste comme il faut. Une couleur que l’on retrouve sur la trotteuse. Les index sont imposants et tout comme les aiguilles, ils sont luminescents. Notons qu’il aurait été très sympa d’avoir la luminescence teintée selon chaque couleur de montre, là TAG Heuer aurait poussé le concept jusqu’au bout.

Pour compléter cette collection, deux autres modèles sont disponibles sur acier sablé : vert pastel et bleu lavande avec un cadran ponctué de diamants en guise d’index.

Les cinq nouvelles TAG Heuer Formula 1 Solargraph.

1 950 euros

Détails techniques :

Cadran opalin beige avec rehaut gris froid / cadran opalin bleu pastel avec rehaut bleu / cadran opalin rose pastel avec rehaut rose et échelle 60 secondes/minutes
Index appliqués polis plaqués rhodium, avec Super-LumiNova blanche de jour et luminescence verte de nuit
Aiguille centrale laquée rose
Date à 3 heures avec guichet de date blanc
Boîtier en TH-Polylight rose pastel / beige / bleu pastel de 38 mm
Lunette tournante bidirectionnelle en TH-Polylight, échelle 60 secondes/minutes
Verre saphir plat avec traitement antireflet
Couronne en acier
Fond en acier vissé
Étanchéité à 100 mètres
Bracelet en caoutchouc rose pastel / beige / bleu pastel
Boucle ardillon en acier

LE SITE DE TAG HEUER

Quand la joaillerie inspire l’horlogerie

Certaines maisons vont encore plus loin en faisant de la couleur le cœur même de leur proposition créative. Chez Dior, la collection D My Dior, créée sous l’impulsion de Victoire de Castellane, directrice artistique de Dior Joaillerie, transforme le célèbre motif Cannage, cher à monsieur Dior et que l’on retrouve sur les chaises de Napoléon III qui accueillaient les invités avenue Montaigne lors du défilé New Look du 12 février 1947, en véritable terrain d’expression chromatique.

La D My Dior arbore les lignes graphiques du Cannage, motif cher à Monsieur Dior.

Le cadran en nacre blanche se pare de lignes arc-en-ciel qui dialoguent avec une lunette sertie de 50 pierres précieuses dont 25 diamants, 5 saphirs, 5 saphirs roses, 3 saphirs orange, 3 saphirs jaunes, 4 tsavorites, 2 émeraudes, 2 améthystes ou encore 2 tourmalines Paraiba. Ici, la couleur ne sert pas seulement à embellir la montre : elle raconte une histoire, celle de l’héritage couture de la Maison et de sa capacité à traduire ses codes iconiques dans l’univers horloger.

Le jeu géométrique du motif se déploie au travers du cadran rehaussé par une lunette sertie de pierres colorées.

Côté technique, le boîtier en or jaune de 25 mm de diamètre, étanche à 30 mètres, abrite un mouvement à quartz. La belle est livrée sur un bracelet délicat en satin rose avec boucle ardillon en or jaune sertie de diamants. Quitte à pousser le concept plus loin, un bracelet fluo rose ou vert aurait été osé.

La couronne en or jaune est sertie de 13 diamants taille brillant.

25 000 euros

Détails techniques :

Boîtier : 25 mm en or jaune 750/1000e
Lunette en or jaune 750/1000e sertie de 25 diamants, 5 saphirs, 5 saphirs roses, 4 tsavorites, 3 saphirs orange, 2 saphirs jaunes, 2 tourmalines Paraiba, 2 améthystes et 2 émeraudes
Couronne en or jaune 750/1000e sertie de 13 diamants taille brillant (0.03 ct*)
Étanchéité : 30 mètres
Cadran en nacre blanche gravé du motif Cannage mis en couleur
Aiguilles dauphines polies
Glace saphir traitée antireflet
Bracelet en satin rose
Boucle ardillon en or jaune 750/1000e sertie de 18 diamants (0.18 ct*)
Mouvement quartz
Fonctions Heures – Minutes

LE SITE DIOR

Le retour des matières expressives

La couleur passe également par les matériaux eux-mêmes. Piaget l’a parfaitement compris avec sa nouvelle Sixtie dotée d’un cadran en quartz bleu. Les veines naturelles de la pierre créent des motifs uniques qui rendent chaque montre différente.


Le bracelet bleu foncé brillant sublime les godrons qui entourent la lunette.

Plus qu’une simple couleur, c’est une matière vivante qui anime le cadran. On retrouve également le boîtier trapézoïdal en or rose de 29 mm avec ces célèbres godrons. Godrons qui font écho aux montres Andy Warhol de la même Maison. Cette référence bat au rythme d’un mouvement à quartz et contrairement aux premières Sixtie présentées l’année dernière avec un bracelet métal, elle est servie sur un bracelet en cuir bleu marine brillant. Ce dernier donne l’illusion de traverser directement le boîtier ce qui accentue davantage le côté bijou. Parce ce qu’au fond, cette montre est la digne héritière d’une époque complètement folle, les « Swinging Sixties », le Londres des années 1960. Une époque où les montres deviennent des sautoirs, des objets de mode, des créations qui osent toutes les formes et les couleurs à outrance. Une liberté que l’on ressent dans ce modèle.

Le boîtier trapézoïdal de la montre Sixtie ramène à la fin des années 1960, surnommées les Swinging Sixties.

21 600 euros

Détails techniques :

Boîtier trapèze en or rose – 29 mm
Épaisseur : 6,5 mm
Cadran en quartz bleu
Étanchéité : 50 mètres
Mouvement à quartz Piaget 57P
Bracelet en cuir d’alligator bleu marine

LE SITE PIAGET

Même philosophie chez Louis Vuitton avec les nouvelles Color Blossom. Dès le premier regard, impossible de se tromper. La star ici, c’est la Fleur de Monogram, un symbole iconique de la Maison.

La collection Color Blossom de Louis Vuitton.

Ce motif est créé en 1896 par Georges Vuitton en hommage à son père. Cette année, ce dessin célèbre ses 130 ans. La marque ne s’est pas contentée de poser ce motif sur un cadran, car toute la montre en reprend la silhouette. De forme galet, le boîtier est sculpté dans cette forme soleil, protégé par un verre saphir incurvé. Pour une montre de 26 mm de diamètre, nous sommes à un niveau de détail impressionnant qui fait toute la différence. La couronne prend la forme d’une fleur et au centre des aiguilles, le minuscule clou emprunte un élément du savoir-faire malletier de Louis Vuitton. Ensuite, la magie des pierres entre en scène avec des cadrans en nacre blanche australienne et en amazonite brasilienne.

Une fois la pierre taillée, on utilise des machines de précision qui la courbent et la façonnent pour retrouver l’esthétique arrondie et la luminosité caractéristiques de la joaillerie Color Blossom.

Ce qui est extraordinaire c’est la construction. Les pétales s’inclinent légèrement vers le centre comme une vraie fleur. Cela crée une profondeur et des jeux de lumière incroyables. Et techniquement c’est loin d’être simple. Parce que ces cadrans mesurent entre 0,3 et 0,6 mm d’épaisseur. Il faut savoir que lorsque l’on travaille des pierres naturelles aussi fines, le moindre faux mouvement peut tout casser. Pour obtenir ce galbe, il faut courber la matière avec des machines spécifiques présentes à la Fabrique des Arts Louis Vuitton, sans le fissurer.


Pour l’instant, quatre modèles composent la collection. Une version en acier, entrée de gamme, avec un cadran en nacre blanche. Deux versions en or rose dont l’une avec un cadran en nacre teinté rose et l’une des plus brillantes avec ses 103 diamants taille brillant serti neige. Et enfin, une autre en or jaune avec un centre en amazonite turquoise. Et malgré tout cela, Louis Vuitton garde une approche très simple de la pièce avec un mouvement à quartz, une étanchéité à 30 mètres. Parce qu’au fond, le vrai mouvement ici, c’est celui des pierres, des volumes et de la lumière.

Color Blossom – ref. W7ST71 – acier – cadran nacre blanche4 600 euros
Color Blossom – ref. W7PG51 – or rose – cadran nacre teintée rose 10 900 euros
Color Blossom – ref. W7YG21 – or jaune – cadran en amazonite12 300 euros
Color Blossom – ref. W7PG21 – or rose et diamants – cadran nacre blanche19 000 euros

Détails techniques :

Acier poli / Or rose 750/1000 poli / Or jaune 750/1000 poli / Or rose 750/1000 poli serti neige de 103 diamants
26 mm de diamètre
7,87 mm avec la glace saphir bombée
Verre saphir avec traitement anti-reflet
Fond fermé gravé de la signature LOUIS VUITTON
Étanche à 30 mètres
Cadran en nacre blanche / en nacre blanche aux nuances rosées / en amazonite / nacre blanche avec tampographie chemin de fer en forme de fleur de Monogram
Aiguilles des heures et des minutes en acier / or rose / or jaune / or rose
Mouvement quartz de haute précision
Fonctions : heures et minutes
Bracelet en cuir de veau vieux-rose
Boucle ardillon en acier / or rose 750/1000 / or jaune 750/1000 / or rose 750/1000 gravée de la signature LOUIS VUITTON

LE SITE LOUIS VUITTON

Une élégance plus décontractée

Il y a aussi certaines maisons qui privilégient aujourd’hui la subtilité. La Seiko Presage Cocktail Sakura Aviation en est la parfaite illustration. Cette référence s’inspire d’un cocktail : le Sakura Aviation, une création du légendaire Hisashi Kishi.

La Seiko Presage Cocktail Sakura Aviation présente un cadran en nacre qui évoque les reflets et les nuances du cocktail éponyme.

On ne parle pas d’un simple barman mais le champion du monde d’International Bar Association, maître artisan récompensé au Japon, bref une véritable institution. Son cocktail mélange, gin, liqueur de marasquin, citron, sakura et crème de violette. Et Seiko s’est dit : si on transformait ce nectar en montre. Le point fort de cette pièce de 34 mm est son cadran nacré rose qui évoque les cerisiers japonais en fleurs tandis que ses reflets évoluent selon l’angle de vue. Les aiguilles, les index, et la couronne sont habillés d’or rose, cela apporte une chaleur indéniable et le bracelet bicolore termine parfaitement l’ensemble. Côté mécanique, le calibre automatique est doté d’environ 40 heures de réserve de marche. Bref : fiable, simple et éprouvée. Notons qu’il s’agit d’une édition limitée à seulement 9 000 exemplaires.

Montre Seiko Presage Cocktail Sakura Aviation.

640 euros – Edition limitée à 9 000 exemplaires

Détails techniques :

Boîtier en acier de 34 mm
Épaisseur : 10,9 mm
Étanchéité : 50 mètres
Calibre automatique 4R35
Réserve de marche d’environ 41 heures
Fonction d’arrêt de seconde
Affichage de la date

LE SITE DE SEIKO

De son côté, Herbelin utilise une nuance kaki pour dynamiser sa nouvelle Cap Camarat Squelette. Une teinte discrète mais suffisamment affirmée pour apporter du caractère à une montre à l’architecture particulièrement travaillée. Le travail de squeletage est particulièrement réussi. On a presque une illusion d’optique.

La nouvelle Cap Camarat Squelette se distingue par sa teinte kaki très tendance.

En effet, les index avec leurs facettes biseautées et leur matière luminescente donnent l’impression qu’ils flottent au-dessus du mouvement. Comme suspendus dans le vide tout en restant lisible. Et puisque l’on parle de lisibilité, les aiguilles sont elles aussi luminescentes. Mais niveau design, c’est le kaki qui apporte toute la personnalité à la montre. La teinte se retrouve sur la minuterie qui entoure le cadran mais aussi sur le bracelet en caoutchouc FKM qui se distingue par son toucher un peu velouté, « soft touch ». Il est agréable au poignet, et cela évite cette sensation parfois un peu collante avec d’autres caoutchoucs.

Recouverts de matière luminescente, les index appliqués donnent l’illusion de flotter au-dessus du mouvement.

De plus, toute la mécanique reste visible avec un mouvement automatique suisse Sellita, une valeur sûre, offrant environ 41 heures de réserve de marche. Le tout est abrité dans un boîtier de 40,5 mm de diamètre et étanche à 100 mètres. Il affiche des alternances de surface brossées verticales et des facettes polies. Impossible de parler d’une Cap Camarat sans évoquer sa lunette avec ses six vis décoratives polies. Une signature visuelle devenue immédiatement reconnaissable chez Herbelin. Ce que l’on apprécie, c’est que nous n’avons pas qu’une montre squelette qui cherche à montrer sa mécanique mais il y a un vrai travail sur les volumes et les textures.

Le cadran squeletté dévoile un calibre automatique Sellita doté d’une réserve de marche d’environ 41 heures.

2 000 euros

Consulter la fiche technique de Cap Camarat Squelette.

LE SITE HERBELIN

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