PRIX HORLOGER

Hazemann & Monnin lauréats du Louis Vuitton Watch Prize

Le 24 mars dernier à la Fondation Louis Vuitton à Paris, l’horlogerie a trouvé, le temps d’une soirée, son tempo parfait. La deuxième édition du Louis Vuitton Watch Prize for Independent Creatives a sacré le duo suisse Alexandre Hazemann et Victor Monnin pour leur « School Watch », confirmant ainsi l’émergence d’une nouvelle génération d’horlogers prête à bousculer les codes.

Par Chloé Redler
Les lauréats du Louis Vuitton Watch Prize for Independent Creatives : Victor Monnin et Alexandre Hazemann (Hazemann & Monnin)

Dans une ambiance à la fois festive et vibrante — sublimée par la voix magnétique de la chanteuse Charlotte Day Wilson — le monde horloger a retenu son souffle avant de voir triompher deux artisans encore jeunes, mais déjà redoutablement précis. Alexandre Hazemann et Victor Monnin, complices depuis leurs années d’apprentissage à Morteau, incarnent l’excellence de l’horlogerie d’aujourd’hui et du futur.

La montre lauréate

Leur force ? Une maîtrise totale de la chaîne de création, de l’architecture des mouvements à la décoration minutieuse. Leur première pièce, la « School Watch » de 39,5 mm de diamètre, donne le ton : une complication à heure sautante instantanée avec sonnerie au passage.


« Nous voulions que les finitions aient une réelle
pertinence, que l’on puisse prendre le temps d’admirer tout le mécanisme
», précise Hazemann.

Le Louis Vuitton Watch Prize for Independent Creatives : un prix tremplin

Plus qu’un simple trophée, ce prix agit comme un accélérateur. Avec une dotation de 150 000 euros et un programme de mentorat orchestré par La Fabrique du Temps Louis Vuitton, il propulse ses lauréats dans une autre dimension. Un tremplin que connaît bien Raúl Pagès, vainqueur de la première édition, venu transmettre le flambeau dans un geste chargé de sens.

Victor Monnin, Alexandre Hazemann et Raúl Pagès (lauréat de la première édition du Louis Vuitton Watch Prize for Independent Creatives.

Lancé en 2022 sous l’impulsion de Jean Arnault et soutenu par La Fabrique du Temps Louis Vuitton, le prix s’impose déjà comme un baromètre de la créativité mondiale. Ouvert aux créateurs indépendants et aux entrepreneurs horlogers internationaux, le prestigieux Louis Vuitton Watch Prize for Independent Creatives a pour but de mettre en lumière le travail d’artisans au savoir-faire remarquable.

Jean Arnault (directeur Montres Louis Vuitton), Victor Monnin et Alexandre Hazemann.

Organisée tous les deux ans, cette initiative a comptabilisé des milliers de candidatures. Soumis à un comité dédié, composé de 65 experts – journalistes horlogers, d’artistes, de professionnels du secteur et de designers – les différents projets ont été étudiés à la loupe pour ne compter que vingt demi-finalistes dévoilés en novembre dernier.

Les 20 demi-finalistes de l’édition 2025-2026
du « Louis Vuitton Watch Prize for Independent Creatives » :
Anton Suhanov – St. Petersburg Easter Egg Tourbillon Clock / JN Shapiro -Resurgence / Auffret Paris – Giverny « Blue Train » / David Candaux – DC6 Titanium / Lederer – CIC 39mm Racing Green / Fam Al Hut – Mobiüs / Hazemann & Monnin – Hazemann & Monnin School Watch / Kallinich Claeys – Einser Central Seconds « Hong Kong Edition » / Fabian Pellet – Essentiel / Kudoke – KUDOKE 5 / Behrens – KUNG FU / Quiet Club – Fading Hours / Reuben Schoots – Series Two / Tasaki – Face Of Tasaki « Black Mother Of Pearl » / Daizoh Makihara – Beauties Of Nature / Masa & Co. – SOHKOKU / Mgraver – Ventrallis / Mineroci – RD002/ Petermann Bédat – Seconde Morte / Winnerl – The Tremblage Dial

Le jury final :
Présidente du Jury Carole Forestier-Kasapi, Directrice Stratégique Mouvements et Haute
Horlogerie, TAG Heuer.
Frank Geelen, fondateur et rédacteur en chef de Monochrome Watches.
Matthieu Hegi, Directeur de Création de La Fabrique du Temps Louis Vuitton.
François-Xavier Overstake, fondateur et rédacteur en chef de l’Equation du Temps.
Kari Voutilainen, Maître Horloger, fondateur de Voutilainen Horlogerie d’Art et gérant de Comblémine, spécialisé dans la fabrication de cadrans et les traitements de surface.

Les créations proposées devaient répondre aux critères de sélection suivants : Design et Esthétique, Créativité et Audace, Innovation Technique, Détails et Finitions, et Complexité. Les projets des cinq finalistes en lice ont été passés au crible par un jury d’experts au nombre de cinq, eux aussi.

De gauche à droite : Kari Voutilainen (Maître Horloger, fondateur de Voutilainen Horlogerie d’Art et gérant de Comblémine, spécialisé dans la fabrication de cadrans et les traitements de surface), Frank Geelen (fondateur et rédacteur en chef de Monochrome Watches), Carole Forestier-Kasapi (présidente du jury et directrice Stratégique Mouvements et Haute Horlogerie, TAG Heuer), Victor Monnin et Alexandre Hazemann (lauréats du prix), Matthieu Hegi (Directeur de Création de La Fabrique du Temps Louis Vuitton), François-Xavier Overstake (fondateur et rédacteur en chef de l’Equation du Temps).

Les quatre autres projets méritaient également l’attention :


Les quatre autres finalistes du Louis Vuitton Watch Prize for Independent Creatives 2025-2026 étaient :

Daizoh Makihara Watchcraft Japan – Daizoh Makihara – Beauties Of Nature – Horloger indépendant depuis 2017
Fam Al Hut – Xinyan Dai – Möbius – Horloger indépendant depuis 2024.
Lederer – Bernhard Lederer – CIC 39 mm Racing Green – Horloger indépendant depuis 1985.
Quiet Club – Norifumi Seki – Fading Hours – Horloger indépendant depuis 2024.

Daizoh Makihara Watchcraft Japan – Daizoh Makihara – Beauties Of Nature – Horloger indépendant depuis 2017.

La montre Beauties of Nature se distingue par une architecture horlogère inédite, intégrant un mécanisme automatique capable d’animer l’ouverture et la fermeture de pétales. Elle propose également une double lecture du temps : un affichage 24 heures positionné à 10 heures et un affichage 12 heures à 2 heures. Chacun évolue selon son propre cycle, avec un système de fermeture périodique qui participe à la mise en scène cinétique du cadran. Autre singularité majeure : pour la première fois, le cadran est façonné selon la technique traditionnelle japonaise de l’Edo Kiriko, un art du verre taillé reconnu pour la précision de ses motifs. La composition met en scène des zostérops évoluant parmi les fleurs de cerisier, tandis que le boîtier en or blanc de 42 mm de diamètre et le fond sont ornés de gravures réalisées à la main, reprenant le motif géométrique de la feuille de chanvre.

Fam Al Hut – Xinyan Dai – Möbius – Horloger indépendant depuis 2024.

Möbius s’impose comme une prouesse horlogère. La pièce, animée par un mouvement mécanique à remontage manuel, intègre le tourbillon biaxial le plus compact jamais conçu. Inspirée du ruban de Möbius, sa structure forme une boucle infinie au sein de laquelle le tourbillon, tourne sur deux axes, déploie un mouvement continu et hypnotique. La montre rompt avec les codes traditionnels en remplaçant le cadran par un dispositif inédit : deux affichages rétrogrades associés à une heure sautante, une combinaison rare sur le plan mécanique. Mesurant 24,3 mm de diamètre pour 42,2 mm de hauteur, elle a nécessité plus de 200 heures de travail.

Lederer – Bernhard Lederer – CIC 39 mm Racing Green – Horloger indépendant depuis 1985.

La Lederer CIC 39 Racing Green se distingue par une avancée rare en horlogerie : le premier double échappement à détente entièrement fonctionnel intégré à une montre-bracelet. Son mouvement, composé de 212 éléments, repose sur deux échappements associés à des remontoirs d’égalité garantissant une transmission d’énergie constante. Visible à travers un fond transparent, il dévoile un double engrenage et des mécanismes à force constante. Le cadran mat sablé met en scène un échappement breveté et des sous-cadrans superposés avec secondes rétrogrades. Logé dans un boîtier de 39 mm pour 10,75 mm d’épaisseur, ce calibre est certifié par le COSC.

Quiet Club – Norifumi Seki – Fading Hours – Horloger indépendant depuis 2024.

Entièrement réalisé à la main à Tokyo, la montre Fading Hours en titane de 40,6 mm de diamètre embarque un mouvement mécanique à remontage manuel offrant environ 50 heures de réserve de marche. Elle est dotée d’une alarme avec un marteau monté verticalement qui frappe le cadran pour produire un son. Cela est permis grâce à un bouton poussoir qui contrôle les fonctions de l’alarme. La lunette, quant à elle, permet de régler l’heure de l’alarme.

Une chose est sûre : l’horlogerie indépendante n’a jamais été aussi vibrante. Et ce n’est que le début. Rendez-vous pour la 3e édition en 2028 !

Pour plus d’informations: louisvuittonwatchprize.com

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